Note 4

 

Notes et réflexions sur la notion de Processus Tertiaires proposée par A.Green.

retour échanges octobre 2004

Références:

- « Note sur les processus tertiaires » dans Propédeutique - Champ Wallon.Éd.PUF.1995.
- Idées directrices pour une psychanalyse contemporaine - Éd.PUF.2002.(pages 117-250-251-253)

 

André Green définit ces processus comme " mettant en relation les processus primaires et les processus secondaires de telle façon que les processus primaires limitent la saturation des processus secondaires, et les processus secondaires celle des processus primaires ". Il insiste sur le fait qu’ils n’ont pas d’existence propre mais permettent le jeu de va et vient, le mouvement, la liaison (ou plutôt la re- liaison).
S’il ne postule pas l’existence de processus particuliers (comme le fait Bion avec la fonction « alpha ») il pense que les dualismes de Freud ne suffisent pas toujours et qu’une tiercéïté est nécessaire quand on arrive à un certain degré de complexité.
Il se réfère surtout à Winnicott et décrit ces processus dans « l’entre deux » et pour que ces processus puissent fonctionner, il faut que fonctionne le champ de l’illusion tel que Winnicott l’a décrit, garantissant la possibilité de jeu dans l’espace potentiel, où l’on peut faire « comme si » : « comme si n’avait pas à être posé la question de la réalité ou de la non-réalité de ce qui est en jeu. »
Ce champ qui doit être « préservé » et « cernable » est « constitutif du fantasme reconnu comme fantasme ».
Ce champ est paradigmatique à l’espace du transfert qui devient un « jeu utilisable » où il faut que l’analysant accepte que « l’analyste est et n’est pas l’analyste ».
A.Green associe, aussi, à cette notion celle « d’équilibre instable » entre le « sans cesse mouvant » et le « définitivement figé », entre « le vagabondage de la pensée (associations libres) propice aux fantasmes » et « la ressaisie de la prise de conscience », entre le chaos et l’immobilisme, tous deux mortifères.
J’ai été surprise par cette définition des processus primaires car je pensais qu’il s’agissait plutôt d’un autre niveau ou d’une autre forme d’élaboration.
Ce n’est pas ça.
Mais cette notion, telle quelle, m’intéresse, et j’y vois des liens possibles avec les questions qui nous occupent avec le Web.
Il me semble qu'elle peut nous aider à penser l’ « entre deux » des positions contrastées face à cet outil de communication :

Entre réalité et fiction
Entre chaos (le trop d’informations) et le figé (le répétitif)
Entre présence et absence (le trop loin et le trop près)
Entre création et destruction
Entre mouvement de vie et mouvement de mort

Ça me semble rejoindre la notion d’intrication, mais ce sur quoi insiste Green c’est le va et vient et le mouvement. Mais pour que ce mouvement soit possible, il faut bien sûr qu’il y est investissement de l’autre, comme il ne peut y avoir transfert et donc mouvement que lorsqu’il y a investissement.
L’écoute du transfert est alors « écoute du mouvement qui anime le discours transférentiel ».
L’Internet favorise-t-il ce mouvement et comment ?

Béatrix Nancy-Stenger - Octobre 2004

 

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