Réunion de rentrée pour le groupe de travail Internet, psychanalyse et culture avec au programme
L’utopie de Thomas More
La conférence de Clarisse Herrendschmidt
Kevin Warwick, premier cyborg
L’utopie de Thomas More
Thomas More (1478 – 1535) nous a laissé un essai politique dans lequel il invente le mot « utopie« . Ce lieu qui n’est nulle part (u topos) est aussi le lieu du bonheur (eu topos), contrepoint à la société tudorienne que Thomas More observe et dénonce. Fine intelligence, il a fait des études de droit et participe à la vie politique de l’angleterre. Il devient Ministre d’Henri VIII ce qui lui vaudra finalement d’être guillotiné pour s’être opposé au roi qui entrainait l’église anglicane dansun schisme pour pouvoir épouser en secondes noces Anne Boleyin
L’u/eu topie de Thomas More marquera profondément la pensée occidentale. On en trouve des traces dans le phalanstère de Fourrier ou les reflexions d’un Michel Foucault sur l’hétérotopie. Il faut dire que la question est d’importance : comment faire le bonheur des hommes ? Comment organiser leurs vies, leurs sociétés pour réduire les maux dont collectivement et individuellement ils souffrent ?
Entre Thomas More et Foucault, il y a le Malaise de la civilisation de Sigmund Freud [texte original] [article wikipédia] : des trois menaces du Moi, l’autre est sans doute la plus pénible et la plus difficilement évitable. Aussi, ce n’est plus tellement la question du bonheur qui oriente les travaux sur l’utopie, mais celle des espaces, de leurs usages, et de ce qu’ils révèlent de nos sociétés.
La conférence de Clarisse Herrendschmidt
Clarissse Herrendschmidt a donné il y a quelques mois à Bordeaux une conférence intitulée Demain l’écriture. Son propos est de monter que le fait que nous confions toutes nos écritures à un même dispositif n’est pas sans effets dans la culture . L’ordinateur est ce dispositif qui permet d’écrire les signes des langues, les images fixes et mobiles, la musique et les voix et la manie. Nous sommes donc de plus en plus amenés à être reliés par des objets qui ont du langage entre eux, c’est à dire que nous sommes amenés a déléguer de plus en plus à des machines ce qui, dans la culture, était considéré comme étant le propre de l’ homme : le langage.
Kevin Warwick
Kevin Warwick est le premier cyborg autoproclamé. Il se livre depuis 1998 à des expériences d’implantation de puces électroniques. Ces expériences sont très controversées : on lui reproche d’ aimer un peu trop les micros et les plateaux de télévision. Quelque soit la part de spectacle de ses opérations, il n’empeche qu’elles posent spectaculairement la question de l’articulation de l’humain avec ce qui n’est pas humain.