Feed on
Posts
Comments

Anne-Marie attire notre attention sur l’argument de notre groupe de travail tel qu’il est présenté sur le site. Il y a une hésitation entre hypothèse et postulat, entre affirmation que les N.T.I.C. changent l’homme et un questionnement sur la réalité de cette assertion.

Autre question: la cohérence dans l’enchaînement des publications sur le blog. Si les textes sont disjoints cela traduit une utilisation spécifique de cet outil : notre blog n’est pas un produit public fini comme pourrait l’être un livre, mais plus un bloc-note qui trace en pointillé le parcours de nos réflexions. Ceci dit est-on seul à décider? Je pense que la question que pose Anne-Marie sur l’opportunité de laisser ou non son texte est une question adressée au groupe. Pour ma part je pense qu’il a sa place , peut-être plus que la video sur la modification des écrans, qui n’est pas une réflexion. Peut-être qu’une élaboration ( la symbolisation chère à Yann) pourrait être une contrainte de publication?

Nous avons ensuite échangé sur « Règles pour le parc humain », texte polémique de Peter Sloterdijk publié en 1999. Ce texte en forme de réponse à la  « Lettre sur l’humanisme » qu’écrivit Heidegger au lendemain de la guerre de 39-45 qui s’interrogeait : comment redonner un sens au mot  « humanisme » ? La thèse défendue est la suivante :  » la littérature, la correspondance et l’idéologie humaniste n’influencent plus aujourd’hui que marginalement les méga-sociétés modernes dans la production du lien politico-culturel. ». Thèse provocatrice  pour un courant consensuel quasi unanime des philosophes humanistes et particulièrement en Allemagne, dans le sillage de Habermas. Sloterdijk pose des questions devenues tabou depuis les horreurs de la Schoah ;

« la thèse de l’homme comme éleveur d’homme fait éclater l’horizon humaniste » dit-il  «  Le sujet de la domestication de l’homme est le grand impensé dont l’humanisme depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours n’a jamais tenu compte. »

A partir donc du texte de Heidegger, mais aussi du Zarathoustra de Nietzche et du Politique de Platon, Sloterdijk  ouvre des questions qui concernent l’humanité par le biais de l’espèce.

A n’en pas douter l’homme est à un tournant technologique; Sloterdijk,  dans un autre texte, se moque des sociétés consensuelles actuelles sans risques qui privent l’homme de toute confrontation avec son destin. Il y a là une nouvelle façon de penser l’homme dans nos sociétés mondialisées.

Tout ce qui est techniquement possible se réalisant, il paraît urgent  d’ apprendre à penser l’ «anthropotechnique » (clonage, eugénisme etc). avant que l’économie nous mette devant le fait accompli.

Ces questions-là ont bien sur des résonances psychanalytiques : quelle place pour le sujet, le moi, le je, le désir, dans ce nouveau parc humain ? Jusqu’où les fondements actuels de ce qui constitue encore l’humain résisteront-ils? Entendons le cri d’alerte des philosophes !

 

 

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.