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	<title>Web Perlaboration &#187; Représentations, images, métaphores</title>
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	<description>Internet, culture et psychanalyse</description>
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		<title>Humeurs voyageuses ( paru dans la revue &#171;&#160;penser/rêver&#160;&#187; n° 12, automne 2007) jean-baptiste roux</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Apr 2008 16:05:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>jean-baptiste roux</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Représentations, images, métaphores]]></category>

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		<description><![CDATA[– Dans un temps déjà lointain, mais peut-être pas fondamentalement révolu, une partie infime de nous voyageait avec le courrier. Le timbre était humecté avant d’être oblitéré et la lettre parvenait ainsi chargée de nos humeurs à son destinataire.
Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) modifient en profondeur les repères humains et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>– Dans un temps déjà lointain, mais peut-être pas fondamentalement révolu, une partie infime de nous voyageait avec le courrier. Le timbre était humecté avant d’être oblitéré et la lettre parvenait ainsi chargée de nos humeurs à son destinataire.<br />
Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) modifient en profondeur les repères humains et toutes les composantes de l’échange et de l’environnement. Les invariants s’en trouvent bousculés. Ces transformations influencent l&#8217;information, l’écriture et la lecture de l’outil le plus ancien que l’homme a mis au point pour construire et diffuser la connaissance : le texte. Elles transforment la communication : de nouveaux types de relations à l’autre, au groupe et à soi apparaissent. La fuite en avant déterminée par le nouveau médium résonne avec le fonctionnement de notre société dans laquelle un événement pousse rapidement l&#8217;autre hors du champ de la conscience. Lire des textes sur l’écran de l’ordinateur s’avère un exercice souvent trop lisse pour les retenir. Seule leur impression permet de les annoter, c’est-à-dire de leur coller une empreinte physique, singulière qui facilite alors leur mémorisation. Devant nos écrans, interface ni totalement abstraite, ni réellement concrète, nous consultons nos mails, cherchons des informations sur l’Internet, et survolons les forums et blogs en nombre pléthorique. Comment l’inscription dans la mémoire de cette immense possibilité de savoir peut-elle se réaliser ? Comment en arrêter le cours ? Comment fixer, retenir ce qui s’écoule ? De toute évidence, la mémoire nécessite un minimum d’investissement corporel dont les nouvelles pratiques liées à la technologie numérique semblent s’affranchir.  Quelles modifications cela entraîne-t-il  sur nos capacités de penser ? Sainte Thérèse disait à propos de ses expériences : « Pour le croire, il faut l’avoir éprouvé. »</p>
<p>*</p>
<p>Sur le chemin qui mène de Delphes à Thèbes, près de l’embranchement pour Distomon, le carrefour Triodos – des trois routes – donna à Œdipe, venu à pied de Delphes, l’occasion de tuer Laïos, son père, qui s’y rendait en char. Aujourd’hui, cette bifurcation n’est toujours pas équipée de feux de signalisation ni de rond-point. Un garage Mercedes-Benz s’est installé là, en contrebas d’un vieux tronçon de route désaffecté, sans début ni fin.<br />
Apollon aimait Sibylle et lui proposa d’exaucer le premier vœu qu’elle formulerait. Elle demanda une longue vie, oubliant de préciser en même temps la jeunesse. Le dieu la lui offrit, en échange de sa virginité, mais elle refusa. Vieillissante, elle devint de plus en plus petite et desséchée, finit cigale, suspendue dans une cage au milieu du temple d’Apollon à Cumes (carte Michelin n° 988, pli 27).</p>
<p>Atlas, frère de Prométhée, pétrifié par la tête de Méduse que brandit Persée devant lui, se transforme en montagne. « Sa barbe et ses cheveux se changent en forêts, ses épaules et ses mains sont des crêtes ; ce qui fut auparavant sa tête est la cime, au sommet de la montagne ; ses os deviennent rochers. Alors, ses proportions accrues en tous sens, il grandit démesurément et le ciel, dans toute son étendue, avec tous ses astres, reposa sur lui », dit Ovide. Actuellement, il culmine au djebel Toubkal, à 4 165 mètres au-dessus du niveau de la mer.</p>
<p>Artémis, aussitôt née, aida sa mère Léto à la délivrance de son frère Apollon sur l’île flottante de Délos. L’île fut alors définitivement fixée par 37°20’N – 25°15’E, et personne ne fut plus autorisé à y naître ni à y mourir.</p>
<p>Ces quelques extraits disent l’importance de la topographie comme inscription physique dans la construction de la mythologie. Ils disent aussi la permanence du lien qui unit dans la diachronie les humains. Le temps passe lentement : un quotidien du 21 mars 1996 titre : « Les maires de Sparte et d’Athènes ont signé vendredi, à Sparte, le traité qui met fin officiellement à la guerre du Péloponnèse [431-404 av. J.-C.]. ». Voyager autour de la Grèce nous rapproche de ce qui nous constitue et nous donne la mesure de ce qui demeure. Les noms des lieux sont restés inchangés depuis leur origine, et c’est avec le corps que l’on peut les appréhender. Il est ainsi possible d’éprouver la réalité  concrète des mythes en emboîtant le pas des héros. Le plaisir de penser, de faire des liens se mêle alors à un plaisir présentifié de la perception corporelle.<br />
Si la transmission des mythes perdure, c’est, bien sûr, parce que les désirs humains, immuables, continuent de les animer. La lecture de ces récits entraîne une adhésion, chacun pouvant reconnaître  dans les aventures des héros des mouvements internes plus ou moins familiers. L’organisation paradigmatique des errements et actes héroïques opère alors comme une trame conjonctive, support des mouvements désordonnés intrapsychiques. Cependant il existe différents plans de perception de nos mythes et l’abord topographique de la mythologie grecque génère, dans sa  concrétude, un cheminement spécifique.<br />
La préoccupation de Schliemann, Dörpfeld, Victor Bérard  à localiser les aventures des héros homériques était peut-être inscrite dans une autre temporalité. Mais ces questions – où se situent Mycènes, Troie, Ithaque ? – ne sont-elles pas issues de nos éternelles interrogations sur la sexualité infantile ? Et les réponses avancées ne nous permettent-elles pas de prolonger nos insatiables questionnements ? Les hypothèses géographiques autorisent ainsi de poursuivre le fil de l’histoire.<br />
Au début du siècle dernier, Victor Bérard a donné une réalité au voyage d’Ulysse. Confrontant les récits, cartes, portulans, il a défendu l’idée que le texte de l’Odyssée s’ancrait dans une géographie précise. En compagnie de Fred Boissonnas, photographe, il s’est embarqué sur les traces d’Ulysse, en confrontant ses hypothèses aux reliefs et paysages, en localisant chaque épisode du retour. On peut ainsi dire : « Ah oui, je vois ! » Qu’importent les controverses ? Calypso près des Colonnes d’Hercule, les Phéaciens et Alkinoos sur l’île de Corfou, les Lotophages à Djerba, Polyphème aux îles Éoliennes, les Lestrigons entre Corse et Sardaigne, Circé dans les Champs Phlégréens et Charybde et Scylla à leur place. Si chacun y trouve la sienne, le repérage en devient plus aisé. N’y gagne-t-on pas du côté de la représentation sans pour autant verser du côté de l’idolâtrie?<br />
Nos pensées se nourrissent de perceptions, notre mémoire de liens. Pour retenir leurs textes les comédiens utilisent des repères sur le plateau, des positions, des modifications d&#8217;éclairage, en somme des perceptions corporelles. Les aèdes qui pouvaient retenir des milliers de vers utilisaient les scansions de l&#8217;hexamètre, rythme musical créé par la mise en pied du texte. Dans son cours de littérature anglaise, Borges remarquait : « Dans tous les cas la poésie est antérieure à la prose. On dirait que l’homme chante avant de parler… Il ne faut pas oublier la vertu mnémotechnique du vers. »<br />
Le livre est un objet dont nous entreprenons la lecture à travers des qualités physiques : son poids, sa souplesse, la qualité de son papier, l’odeur de son encre, sa typographie. La qualité de la lecture en dépend, et permet alors de l’annoter. <br />
Il y a dans nos investissements  une intrication des différentes perceptions qui participe aux effets de mémorisation. La séparation entre fond et forme ne peut être que factuelle.<br />
On raconte que Persée, après de nombreuses aventures fonda une ville qu’il appela Mycènes, en hommage au champignon mukenès qui, sur sa route, lui avait permis de découvrir une source désaltérante. Un lien entre corps et langage. ? Jean-Baptiste Roux</p>
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		<title>PETIT POUCET (paru dans la revue &#171;&#160;penser/rêver&#160;&#187; n° 10, automne 2006) jean-baptiste roux</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Apr 2008 15:53:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>jean-baptiste roux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Représentations, images, métaphores]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis quelque temps, Google a mis au point la possibilité de visualiser le monde sur lequel nous vivons, dans sa totalité. Les différentes parties ont été numérisées à partir d’images satellites, certaines avec une précision telle qu’il est possible de percevoir les structures de maisons, détails de toitures, terrasses, piscines, etc.
Ce spectacle est d’autant plus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis quelque temps, Google a mis au point la possibilité de visualiser le monde sur lequel nous vivons, dans sa totalité. Les différentes parties ont été numérisées à partir d’images satellites, certaines avec une précision telle qu’il est possible de percevoir les structures de maisons, détails de toitures, terrasses, piscines, etc.<br />
Ce spectacle est d’autant plus fascinant qu’il fonctionne comme un miroir, sans besoin de médiation : -cela est- ce qui ne manque pas de poser un certain nombre de questions.<br />
S’agit-il d’une évolution, dans la continuité d’un mode de représentation du monde ou bien ce nouveau visage est-il en rupture avec les données antérieures et participe-t-il de la révolution insidieuse liée aux NTIC ?</p>
<p>Depuis la plus haute Antiquité, l’homme a tenté de représenter ce sur quoi il vivait, ses limites ses dimensions, sa forme, sa position en fonction des repères solaires, lunaires, stellaires. C’est une des fonctions de la cartographie qui a pour but la conception, la préparation et la réalisation des cartes. Sa vocation est la représentation du monde sous une forme graphique et géométrique. En cela, elle répond à un besoin permanent de l’humanité qui est de conserver la mémoire des lieux.<br />
Quelques repères :<br />
Des tablettes d’argile montrent que, trente siècles avant J.-C., on s’efforçait déjà de représenter des contours et des itinéraires, et l’on pense que les premières ébauches de croquis cartographiques précédèrent l’invention de l’écriture<br />
La sphéricité de la Terre fut imaginée vers 650 avant J.-C. par Thalès de Milet, puis affirmée par les pythagoriciens.<br />
 Au VIe siècle avant J.-C., Anaximandre et Hécatée ébauchent les premières cartes, centrées sur la Méditerranée.<br />
 Au IVe siècle avant J.-C., Dicéarque (347-285) invente la première construction géométrique en situant tous les points connus par rapport à  l’axe ouest-est et à l’axe orthogonal, tous deux passant par Rhodes au 36e degré de latitude nord.<br />
Au IIIe siècle, Ératosthène (275-194), bibliothécaire d’Alexandrie, exécute la première mesure de la circonférence terrestre avec une précision surprenante.<br />
Puis Hipparque (190-125) inventa la première projection, lointain ancêtre de la projection de Mercator.<br />
La cartographie grecque antique contient déjà toutes les notions fondamentales de la cartographie moderne : sphéricité de la Terre, coordonnées terrestres, systèmes de projection.<br />
Puis la cartographie progressa en se développant au fur et à mesure des voyages, découvertes et inventions qui permirent une précision sans cesse accrue (astrolabe, boussole, sextant, pendules de précision). </p>
<p>Les données géographiques sont des constructions élaborées par la main de l’homme. Aujourd’hui encore même si les cartes sont dessinées avec assistance de l’ordinateur, elles demeurent singulières et interprétables. Chacune possède qualités, lacunes et imperfections. Il n’existe pas de carte parfaite&#8230;<br />
Ce sont des représentations, au sens d’une figuration de l’absence, c’est-à-dire des inventions humaines pour répondre à une énigme.<br />
Borgès rêvait de la carte parfaite, superposable à l’Empire à l’échelle 1/1…<br />
La carte diffère de la réalité ; c’est une construction qu’il faut savoir « lire » plus que « voir » et sa grammaire dépend d’un contexte culturel.  Ainsi la convention de placer le nord en haut est une donnée relativement récente.<br />
Aujourd’hui encore même si le GPS permet de nous voir nous déplacer sur un écran d’ordinateur, c’est par le biais  d’une interface cartographique.</p>
<p>Revenons à Google. Quand nous regardons l’image du monde qu’il nous  propose, sommes-nous encore dans un système cartographique ?<br />
Il ne paraît pas que l’image formée sur nos écrans d’ordinateur relève d’une représentation, mais plutôt du monde même, vu à la manière d’un télescope.<br />
Au début du XVII° Galilée avait inventé une lunette qui grossissait six fois sans déformation. Il ne s’agissait pas d’une représentation, mais d’une image agrandie. De la même façon, une image issue d’un microscope ne constitue pas une représentation.<br />
Ce qui différencie donc ces deux séries d’images réside dans la manière dont l’homme intervient pour les réaliser :<br />
-d’un côté l’homme construit des appareils (lunettes, satellites, ordinateurs) qui permettent de visualiser le monde. L’image ainsi produite résulte d’une opération métonymique, acheiropoïète : l’image n’est pas directement construite par la main de l’homme, elle préexiste à son intervention.<br />
-de l’autre, l’homme construit une représentation psychique du monde qui l’engage dans ses fonctions symboliques, fantasmatiques, corporelles et pulsionnelles : c’est alors une opération métaphorique.</p>
<p>Il y a un plaisir à penser, à construire des représentations pour faire face aux énigmes, à résister à l’absence, au manque, à la perte.<br />
L’homme se construit, sa pensée s’élabore parce que le monde est interrogation.</p>
<p>Il est probable que les NTIC vont modifier la façon dont l’homme aborde le monde et par là même transformer ses modes de représentation.<br />
La manière dont l’homme se construit psychiquement dépend aussi de facteurs environnementaux. Les réponses fournies par l’internet vont très probablement bouleverser la façon dont s’organise notre questionnement.(cf. M. Blanchot. «  La réponse est le malheur de la question.»)</p>
<p> Le téléphone portable, l’emploi de mails changent notre propre rapport à l’attente, à l’absence, à la satisfaction au temps et par là-même la manière dont psychiquement nous sommes capables d’appréhender le manque.<br />
Comment notre rapport aux processus de sublimation en resterait-il inchangé ?</p>
<p>Il y a quelque temps, je m’interrogeais sur les modifications que pouvaient induire les nouveaux moyens de localisations par GPS. Par exemple, si l’homme sait à chaque instant oû il se situe, quel nouveau rapport va-t-il entretenir avec sa sensorialité, jusque-là à même de le renseigner ? Sans vouloir être plus darwinien que Freud, rappelons nous de son assertion sur la mise à distance d’une certaine sensorialité en rapport avec la découverte par l’homme de la station verticale.</p>
<p>Dans un proche avenir, la numérisation de notre terre sera devenue tellement précise que chacun de nous y sera reconnu et que nos allées et venues pourront êtres vus de tous en temps réel.( La prochaine génération de téléphone portable sera équipée de  GPS.)</p>
<p> L’homme peut-il vivre dans une totale transparence, sans plus de territoire intime? Comment survivre quand il n’aura plus la possibilité même de se perdre ?<br />
Que deviendra alors le Petit Poucet ?</p>
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		<title>Iconophile et iconoclaste.</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Feb 2007 13:29:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>jean-baptiste roux</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>On peut noter que la question de la représentation située entre mimesis et médiation est une question essentielle de toute culture. L’homme dans sa pratique culturelle et artistique a inventé des leurres pour pallier l’absence et la disparition. C’est sur le statut de ces images qu’une dialectique essentielle a l’élaboration de la culture occidentale, s’est instaurée.?Les religions monothéistes (hormis la religion catholique) ont érigé l’interdit de la représentation comme un point capital, une nécessité de la mise à distance de la perception au profit de la pensée. Comment l’homme peut-il s’éloigner de l’animal ? Mais faut-il abstraire ou au contraire présentifier l’image de Dieu pour élever l’esprit??La passion de l’image est indissociable, en occident, du destin iconique de la passion du Christ.?L’icône, du grec eikôn, image,( mais qui peut être traduit par « le semblant », dont le statut complexe se situe pour Platon , dans le Sophiste, entre l’être et le non-être) , fait partie de l’héritage platonicien du christianisme.?Au 4° siècle, certains évêques continuèrent à enseigner que le Fils était homoousios au Père, c’est-à-dire de même substance, et refusèrent de le dire homoiousios, de substance semblable. Un iota qui donna naissance à un schisme.?Si l’iconophilie s’est élaboré dans une opposition à la pensée arabe, juive et grecque, elle a provoqué entre le 8°et le 10° siècle une violente réaction iconoclaste. « L’inscription iconique a un certain nombre de supériorités sur le langage : elle s’adresse à tous universellement, ignorant la barrière des langues (…) et a une position différente de celle du langage par rapport au temps ; Elle est continue et immédiate (…) Au discours peut toujours s’opposer un autre discours. À l’icône, nul ne peut répliquer. Elle n’a pas de contraire et du même coup, elle fonde l’irréductibilité de la croyance et du visible » « Discours contre les iconoclastes » Nicéphore,( trad. Mondzain- Baudinet).?Les Eglises d’Orient et d’Occident se sont séparées au 11°siècle, les Orthodoxes refusant d’accepter que le saint-esprit procédât du père et du fils (filioque). Un problème d’incarnation.?Plus tard les clunisiens, partisans de raconter la vie de Jésus sur des chapiteaux historiés des églises romanes s’opposèrent aux cisterciens qui refusaient cette idée et décoraient abstraitement leurs chapiteaux.?Les Protestants s’opposèrent également aux Catholiques sur une question de représentation (notamment sur le statut de l’eucharistie qui n’était pas pour eux le corps du Christ, mais sa représentation). Le mouvement de la contre-réforme s’amplifia dans l’art baroque, en s’opposant à l’abstraction protestante. ?On peut penser que toute l’histoire de l’art occidental repose sur cette tension et que cette tension a eu des effets créatifs puissants.?Le statut de l’image a toujours suscité des réactions extrêmement violentes, entraînant schismes, ruptures, guerres, comme si cette question ne pouvait être traitée hors de la « passion ».?La question du virtuel semble s’inscrire dans le prolongement de cette dialectique.</p>
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		<title>Psychanalyse et Cybernétique ou de la nature du langage &#8211; Jacques Lacan</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Jul 2006 20:13:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean Marc Chevillard</dc:creator>
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