<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Web Perlaboration &#187; yann.leroux</title>
	<atom:link href="http://www.web-perlaboration.net/blog/author/admin/feed" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.web-perlaboration.net/blog</link>
	<description>Internet, culture et psychanalyse</description>
	<lastBuildDate>Sat, 28 May 2011 18:03:55 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.9.2</generator>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<item>
		<title>Serresky</title>
		<link>http://www.web-perlaboration.net/blog/serresky</link>
		<comments>http://www.web-perlaboration.net/blog/serresky#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 22 May 2011 14:37:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann.leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.web-perlaboration.net/blog/serresky</guid>
		<description><![CDATA[Nous voilà face à un texte à peu près équivalent à celui de Marc Prensky [Digital natives, digital immigrants ] , excepté la qualité d’écriture et la sobriété du « philosophe »…
Thème : l’enseignement d’aujourd’hui et les Petits (Poucette et Poucet) autrement dit Digital natives et âge de la pierre   Thèse : la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">Nous voilà face à un <a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/05/eduquer-au-xxie-siecle_1488298_3232.html">texte</a> à peu près équivalent à celui de Marc Prensky [<a href="http://www.marcprensky.com/writing/prensky%20-%20digital%20natives,%20digital%20immigrants%20-%20part1.pdf">Digital natives, digital immigrants</a> ] , excepté la qualité d’écriture et la sobriété du « philosophe »…</p>
<p align="justify">Thème : l’enseignement d’aujourd’hui et les Petits (Poucette et Poucet) autrement dit Digital natives et âge de la pierre   <br />Thèse : la mutation de l’humain (diachronite aigue)    <br />Développement:    <br />1-la crevasse et le nouvel humain (idem chez Prensky)    <br />2-la rupture historique, la révolution du savoir (plus large que chez Prensky centré sur le    <br />numérique)    <br />3-l’enseignement comme âge de pierre (=Prensky )    <br />4-mettre les dinosaures à la retraite (plus élégamment dit que chez Prensky)    <br />5-les coupables (philosophes) ( ah! un nouveau bouc émissaire !)</p>
<p align="justify">Petit copié/collé illustratif :   <br />Sans que nous nous en apercevions, un nouvel humain est né, pendant un intervalle bref, celui qui nous sépare des années soixante-dix. Il ou elle n’a plus le même corps, la même espérance de vie, ne communique plus de la même façon, ne perçoit plus le même monde, ne vit plus dans la même nature, n’habite plus le même espace. C’est une crevasse si large et si évidente….”</p>
<p align="justify">Rarissimes dans l’histoire, ces transformations, que j’appelle hominescentes, créent, au milieu de notre temps et de nos groupes, une crevasse si large et si évidente que peu de regards l’ont mesurée à sa taille, comparable à celles visibles au néolithique, à l’aurore de la science grecque, au début de l’ère chrétienne, à la fin du Moyen Age et à la Renaissance./Sur la lèvre aval de cette faille, voici des jeunes gens auxquels nous prétendons dispenser de l’enseignement, au sein de cadres datant d’un âge qu’ils ne reconnaissent plus : bâtiments, cours de récréation, salles de classes, amphithéâtres, campus, bibliothèques, laboratoires, savoirs même… cadres datant, dis-je, d’un âge et adaptés à une ère où les hommes et le monde étaient ce qu’ils ne sont plus.Ce changement si décisif de l’enseignement – changement répercuté sur l’espace entier de la société mondiale et l’ensemble de ses institutions désuètes, changement qui ne touche pas, et de loin, l’enseignement seulement, mais   <br />aussi le travail, les entreprises, la santé, le droit et la politique, bref, l’ensemble de nos institutions – nous sentons en avoir un besoin urgent, mais nous en sommes encore loin.</p>
<p align="justify">Probablement, parce que ceux qui traînent, dans la transition entre les derniers états, n’ont pas encore pris leur retraite, alors qu’ils diligentent les réformes, selon des modèles depuis longtemps effacés. Enseignant pendant un demi-siècle sous à peu près toutes les latitudes du monde, où cette crevasse s’ouvre   <br />aussi largement que dans mon propre pays, j’ai subi, j’ai souffert ces réformes-là comme des emplâtres sur des jambes de bois, des rapetassages ; or les emplâtres endommagent le tibia, même artificiel : les rapetassages déchirent encore plus le tissu qu’ils cherchent à consolider</p>
<p align="justify">Pourquoi ces nouveautés ne sont-elles point advenues ? Je crains d’en accuser les philosophes, dont je suis, gens qui ont pour métier d’anticiper le savoir et les pratiques à venir, et qui ont, ce me semble, failli à leur tâche. Engagés dans la politique au jour le jour, ils n’entendirent pas venir le contemporain.   <br />Si j’avais eu à croquer le portrait des adultes, dont je suis, ce profil eût été moins flatteur.</p>
<p align="justify">Ce texte, comporte pour moi, (pardonnez cette impertinence !) le même défaut que celui de Prensky : l’ hypostase…   <br /><strong>Première hypostase :</strong> Qui sont ces Petits auxquels on enseigne, ces enseignants (vieux), ces philosophes? De quoi et de qui Michel Serres parle-t-il ? De la fille d’une de mes amies qui est inscrite à Sciences Po Paris par exemple, des élèves des classes prépa à Montaigne ( qui réclamaient des livres à lire, des cours supplémentaires à une autre amie enseignante l’an dernier)ou du décrocheur moyen de Seine Saint Denis? Selon le cas, élite ou masse, la compétence linguistique, l’usage et la place de ces technologies qui impressionnent tant notre bon philosophe ne sont pas les mêmes…La fameuse « crevasse » à mon avis n’est pas entre l’avec ou sans Ipad , l’avec ou sans    <br />Wikipédia, mais entre les « héritiers » et les autres…L’élite aura toujours accès à l’héritage, à la mémoire et à l’histoire.    <br />Le vrai changement c’est que désormais la masse soit convaincue que le problème de l’ « accès » au&#160; « savoir » est résolu par la technologie. Plus besoin de Bourdieu…Exit le politique…Incroyable tour de passe passe de la persuasion marchande : pour 500 euros tout le savoir dans votre poche et bientôt sur la rfid…    <br /><strong>Seconde hypostase :</strong> la révolution, la rupture, la transformation magique du monde! J’ai l’impression en lisant ces textes d’entendre les ratiocinations des années 70 avec le premier pas sur la lune « Ma bonne dame, c’est la fin du monde ! »). Rien n’arrive ex nihilo, le casque virtuel était au point en 1966 etc…L’important, à mon avis , c’est plutôt de comprendre les liens, les enchaînements, les intentions , la multiplicité des facteurs. Psalmodier la rupture n’apporte rien. Passer d’une logique de la crevasse à une logique de la fissure, soyons un peu « chinois » et considérons que le réel est un procès continu, interaction de facteurs…</p>
<p align="justify"><strong>Troisième hypostase :</strong> les vieux « qui concoctent les réformes et n’ont pas pris leur retraite ». Comme les autres, c’est un cache misère . Supposer que c’est l’âge de Darcos, de Chatel ou des conseillers qui sont derrière eux, qui explique l’absence de réforme, c’est vraiment faire preuve d’une très courte vue…    <br />L’absence de réforme a une seule cause : économique !Quel ministre pourrait décider de l’adaptation d’horaires à la carte, de la création de petits groupes d’élèves (au dessus de 14 , l’enseignement n’a pas d’efficacité) , de l’informatisation totale des établissements (salles de pilotage informatique&#160; <br />postes reliés à celui de l’enseignant qui depuis son propre poste peut intervenir sur le travail de chacun, coût 10000 euros + maintenance technicien), de la création d’activités périscolaires?    <br />Par conséquent, la seule solution rationnelle (du point de vue ultra libéral ) est de « laisser faire laisser pourrir » afin que le système s’auto-détruise. L’élite a toujours trouvé le chemin de l’école privée où les conditions d’enseignement sont une garantie contre le décrochage scolaire…Dans ce cas deux boucs émissaires :les syndicats et les vieux enseignants…</p>
<p align="justify"><strong>Quatrième hypostase</strong> : le jeune comme alien. « Il ou elle n’a plus le même corps, la même espérance de vie, ne communique plus de la même façon, ne perçoit plus le même monde, ne vit plus dans la même nature, n’habite plus le même espace. »</p>
<p align="justify">Bien sûr, mais ses parents et son prof aussi! Par exemple , il suffit de passer un quart d’heure dans une salle des profs pour savoir que Ryanair a fait du Radjastan, du Tibet, de Sanghai , de New York la banlieue de Bordeaux…Le même enseignant dans les années 70 préparait son van pour deux mois   <br />de voyage en Afganistan…Est-ce que le prof n’a pas de GPS dans sa voiture ? Continue-t-il à la carte Michelin ? Quant à la nature , la forêt des Landes a été créée au 19ème siècle, ça changeait rudement avec avant….Et inversement, le jeune surfeur d’Hossegor en 2011 a-t-il une vision du monde si différente    <br />de celui des années 70?</p>
<p align="justify">Comme Prensky , Serres pense que la discrimination est un mode de pensée performant…. Quant au mea culpa du philosophe…Pour le coup , Serres se croit à Athènes du temps de Platon et du philosophe roi à moins qu’il ne se prenne pour Voltaire ?…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.web-perlaboration.net/blog/serresky/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>RiP : Remix Manifesto</title>
		<link>http://www.web-perlaboration.net/blog/rip-remix-manifesto</link>
		<comments>http://www.web-perlaboration.net/blog/rip-remix-manifesto#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 13 Jun 2010 07:18:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann.leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.web-perlaboration.net/blog/rip-remix-manifesto</guid>
		<description><![CDATA[RiP : Remix Manifesto est un documentaire de Brett Gaylor dans lequel il interroge la notion de droit d’auteur. Le titre du documentaire joue sur l’oraison funèbre (Rest In Peace) et le processus qui permet de traduire un disque en données numériques (to rip). Dans les mondes numérique, l’original n’existe pas.&#160; Par ailleurs, ils poussent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">RiP : Remix Manifesto est un documentaire de Brett Gaylor dans lequel il interroge la notion de droit d’auteur. Le titre du documentaire joue sur l’oraison funèbre (Rest In Peace) et le processus qui permet de traduire un disque en données numériques (to rip). Dans les mondes numérique, l’original n’existe pas.&#160; Par ailleurs, ils poussent à leur comble les figures du mélange, de la superposition, de l’accumulation et de la sélection, du filtre, du crible. Peut on encore, dans ces conditions, maintenir la notion d’auteur telle quelle ?</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p><embed src="http://media1.nfb.ca/medias/flash/ONFflvplayer-gama.swf" width="516" height="337" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" flashvars="mID=IDOBJ14413&#038;bufferTime=10&#038;width=516&#038;height=337&#038;image=http://media1.nfb.ca/medias/nfb_tube/thumbs_large/2010/Rip-tv-big.jpg&#038;showWarningMessages=false&#038;streamNotFoundDelay=15&#038;lang=en&#038;getPlaylistOnEnd=true&#038;playlist_id=REL179&#038;embeddedMode=true"></embed></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.web-perlaboration.net/blog/rip-remix-manifesto/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>A propos de l&#8217;art numerique</title>
		<link>http://www.web-perlaboration.net/blog/a-propos-de-lart-numerique</link>
		<comments>http://www.web-perlaboration.net/blog/a-propos-de-lart-numerique#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Feb 2010 15:57:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann.leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.web-perlaboration.net/blog/a-propos-de-lart-numerique</guid>
		<description><![CDATA[L’origine du monde. Lacan aimait ce tableau de Gustave Courbet et il en avait fait l’acquisition. L’art numérique s’ouvre sur une autre version de l’œuvre numérique. Elle est instantanément reconnaissable, et pourtant, elle est différente.

La prochaine réunion du groupe de travail&#160; Internet, psychanalye et culture sera consacrée à des échanges autour de L’art numérique Comment [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><img style="display: inline; margin-left: 0px; margin-right: 0px" alt="http://www.decitre.fr/gi/21/9782081225121FS.gif" align="left" src="http://www.decitre.fr/gi/21/9782081225121FS.gif" /><em>L’origine du monde. Lacan aimait ce tableau de Gustave Courbet et il en avait fait l’acquisition. <strong>L’art numérique </strong>s’ouvre sur une autre version de l’œuvre numérique. Elle est instantanément reconnaissable, et pourtant, elle est différente.</em></p>
<p align="justify"><em></em></p>
<p align="justify">La prochaine réunion du groupe de travail&#160; <strong>Internet, psychanalye et culture </strong>sera consacrée à des échanges autour de <strong>L’art numérique Comment la technologie vient au monde de l’art.</strong> Le livre de <strong>Edmond Couchot</strong> et <strong>Norbert Hillaire</strong> est sorti tout juste des presses et vient fort à propos nourrir notre réflexion sur les mondes et les matières numériques.</p>
<p align="justify">Il est toujours&#160; intéressant de garder un œil sur les arts. Les artistes mettent souvent en lumière en quelques traits ce que les sciences humaines approchent péniblement en quelque épais volumes. Sur le numérique, ils ont sans aucun doute beaucoup a dire. Plus exactement ils ont beaucoup à être écoutés</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify">L’introduction de <strong>L’art numérique </strong>est très prometteuse. Elle pointe que numérique a infiltré tous les arts, des arts visuels à la littérature en passant par les arts vivants jusqu’aux jeux vidéo. Cette colonisation a commencé il y a une quarantaine d’année et a ses écoles, ses centres de recherche et surtout ses utilisateurs dont certains n’ont de cesse de <em>détourner</em> les dispositifs numériques. Certaines formes d’art numérique sont endémiques aux mondes numériques : elles n’appartiennent qu’a eux, et ne sont possible que dans ces lieux. Ainsi, si un ordinateur peut <em>imiter </em>n’importe quel instrument de musique, il permet également de produire des effets qui sont inimitables comme dialoguer avec son utilisateur. il est “<em>interactif, conversationnel, participatif, collaboratif</em>”&#160; Mais malgré son extension, l’art numérique reste encore boudé par les élites et c’est un des objectifs du livre que de faire sortir l’art numérique de l’anonymat ou l’indifférence dans lequel il est maintenu</p>
<p align="justify">Il est un mot qui apparait dès l’introduction et qui me semble être la figure non seulement des arts numériques, mais du numérique dans son ensemble. C’est celui d’<strong>hybridation.</strong> On peine à maintenir l’art numérique dans une seule catégorie. Toujours il s’échappe, et échappe aux tentatives de recensement. Comment&#160; recenser quelque chose qui se présente toujours sous la forme d’une profusion extraordinaire. Déjà, pointent les auteurs, il est impossible de faire le catalogue des œuvres numériques se présentant sous la forme d’objets physique. Celles qui sont basée sur le web sont encore plus difficile à saisir. Et de prévenir : <em>“le numérique bouleverse […] notre rapport au temps, notre façon de le vivre ou de le revivre, de l’anticiper, de nous y soustraire à travers l’art”</em></p>
<p align="justify">Nous y voilà donc. Le temps est jusqu’à présent un des grands axes autour duquel s’articulent les processus psychologique. C’est même une ligne de partage entre ce qui est symbolisé et ce qui ne l’est pas, entre ce qui est mémorisé et ce qui ne l’est pas, entre ce qui est inscrit quelque part, et ce qui n’a aucune inscription. Ce que la flèche de l’<strong>art numérique </strong>indique c’est tout à la fois l’apparition d’ “un nouveau support, qui étend considérablement les possibilité de diffusion et de conservation de la mémoire, et un <em>nouvel enjeu </em>de la mémoire, un puissant vecteur de dynamisation du musée dans sa virtualisation, qui permettrait de compenser la muséification de certains de nos espaces physiques (urbains ou ruraux).”</p>
<p align="justify">Ce qui vaut pour l’art et les musées vaut il pour l’homme sans qualité ? C’est ce que nous tenterons d’examiner.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.web-perlaboration.net/blog/a-propos-de-lart-numerique/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>A propos des psychotherapies en ligne</title>
		<link>http://www.web-perlaboration.net/blog/a-propos-des-psychotherapies-en-ligne</link>
		<comments>http://www.web-perlaboration.net/blog/a-propos-des-psychotherapies-en-ligne#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 24 Oct 2009 08:27:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann.leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Thèmes de recherche]]></category>
		<category><![CDATA[après-coup]]></category>
		<category><![CDATA[dispositif]]></category>
		<category><![CDATA[internet]]></category>
		<category><![CDATA[psychothérapie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.web-perlaboration.net/blog/a-propos-des-psychotherapies-en-ligne</guid>
		<description><![CDATA[La discussion sur les psychothérapies en ligne à partir du texte Psychothérapies en ligne : histoire, processus et questions éthiques a permis de continuer la réflexion. S’il est évident qu’il n’est pas possible de faire de psychanalyse sur le réseau, la question des psychothérapies, et pour ce qui nous intéresse, des psychothérapies psychanalytiques, reste à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">La discussion sur les psychothérapies en ligne à partir du texte <a href="http://en.calameo.com/books/000007709d8f918297227">Psychothérapies en ligne : histoire, processus et questions éthiques</a> a permis de continuer la réflexion. S’il est évident qu’il n’est pas possible de faire de psychanalyse sur le réseau, la question des psychothérapies, et pour ce qui nous intéresse, des psychothérapies psychanalytiques, reste à travailler.</p>
<p align="justify">Les psychothérapies par mail ou par forum étant les plus utilisées par les psychothérapeutes anglo-saxon , ce sont elles qui ont été principalement discutées.</p>
<p align="justify">La discussion a porté sur les effets de la situation Internet sur l’ensemble du dispositif psychothérapeutique. Comment les deux se mêlent, s’emmêlent, s’empêchent ou se favorisent.</p>
<p align="justify">Ainsi, il a pu être remarqué que l’interprétation du psychanalyse vient dans l’<em>ici et maintenant. </em>Comment peut fonctionner cette manifestation de la rencontre de deux inconscients sur Internet puisque le temps peut être considérablement distendu ? Ce qui est ici questionné c’est la capacité d’être <em>avec </em>le patient sur l’Internet puisque lorsque l’un écrit à l’autre, il n’est pas assuré que l’autre le pense.</p>
<p align="justify">L’autre point sur lequel a porté la discussion est le “<em>always on” </em>du psychothérapeute. J’avais en effet rapporté l’exemple d’un psychothérapeute aidant son patient a résoudre une difficulté par SMS. Cela montre a la fois l’utilisation trans-média puisque la psychothérapie avait lieu par mail et a un moment de crise le patient avait contacté son psychothérapeute qui lui avait répondu immédiatement. Nous avons plutôt tendance à compter sur les effets de cadrage des dispositifs psychothérapeutiques que nous mettons en place : il y a le temps de la psychothérapie, et il y a le temps ou ce n’est pas la psychothérapie.</p>
<p align="justify">L’écrit peut il être un support de travail psychanalytique ? Cela dépend de la perspective que l’on adopte. La cure type est déterminée par des effets de parole et de parole uniquement mais nous avons maintenant le recul des psychothérapies psychanalytiques médiatisées par autre chose que la parole. Je pense au travail auprès des enfants et des différents dispositifs qui ont été inventés : médiation terre, peinture, pataugeoire etc. Nous avons également discuté de quelque chose qui me semble important sur le réseau : l’écrit qu’on y trouve a été modifié par les matières numériques. C’est un écrit oralisé, créolisé : sur Internet tout tend a devenir une conversion (Marococcia, M., Gauducheau N., 2007)</p>
<p align="justify">Enfin, reste la question difficile : ces espaces peuvent ils soutenir une interprétation ? Quelles modifications font ils subir au transfert ? En d’autres termes, <strong>l’Internet est il un dispositif symbolisant ?</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.web-perlaboration.net/blog/a-propos-des-psychotherapies-en-ligne/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les metamorphoses du livre</title>
		<link>http://www.web-perlaboration.net/blog/les-metamorphoses-du-livre</link>
		<comments>http://www.web-perlaboration.net/blog/les-metamorphoses-du-livre#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 22 Oct 2009 18:45:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann.leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Objets et espaces transitionnels]]></category>
		<category><![CDATA[frédéric kaplan]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[vannevar bush]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.web-perlaboration.net/blog/les-metamorphoses-du-livre</guid>
		<description><![CDATA[On disait le livre mort, tué par la télé. Puis, le réseau aurait finalement eu raison de lui. Mais le livre est encore là. Mieux, il mélange ses pages aux matières numériques. «Le sens des choses», de Jacques Attali et Stéphanie Bonvicini comporte sur ses pages de curieux objets. Ils sont entre le labyrinthe, Pac-ManW [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://www.hautes-vosges.fr/images/flashcode.gif&amp;imgrefurl=http://www.hautes-vosges.fr/&amp;usg=__1FPpxZ67kYysh8Y97V4Xn5_stNk=&amp;h=297&amp;w=297&amp;sz=4&amp;hl=fr&amp;start=1&amp;sig2=vIEWiGffTysSKfEZ6MxZiA&amp;um=1&amp;tbnid=nF-CJor4j84aTM:&amp;tbnh=116&amp;tbnw=116&amp;prev=/images%3Fq%3Dflashcode%26hl%3Dfr%26client%3Dfirefox-a%26rls%3Dorg.mozilla:fr:official%26sa%3DN%26um%3D1&amp;ei=eZfgSs5njMj5BpPShakL"><img style="display: inline; margin-left: 0px; margin-right: 0px" align="left" src="http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:nF-CJor4j84aTM:http://www.hautes-vosges.fr/images/flashcode.gif" width="116" height="116" /></a>On disait le livre mort, tué par la télé. Puis, le réseau aurait finalement eu raison de lui. Mais le livre est encore là. Mieux, il mélange ses pages aux matières numériques. «Le sens des choses», de Jacques Attali et Stéphanie Bonvicini comporte sur ses pages de curieux objets. Ils sont entre le labyrinthe, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pac-Man" target="_blank" title="From Wikipedia the definition of: Pac-Man" style="padding-bottom: 2px; border-bottom: 1px dotted #DD0000" >Pac-Man</a><sup style="font-family: Georgia, Times New Roman, Serif; font-weight: bold; color: #AAAAAA" ><em>W</em></sup> et une planche du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rorschach" target="_blank" title="From Wikipedia the definition of: Rorschach" style="padding-bottom: 2px; border-bottom: 1px dotted #DD0000" >Rorschach</a><sup style="font-family: Georgia, Times New Roman, Serif; font-weight: bold; color: #AAAAAA" ><em>W</em></sup>. Ce sont des <a href="http://www.flashcode.fr/">flashcodes</a> développés par l’opérateur Orange. Il suffit de scanner le flashcode avec un téléphone portable, et l’on accède a des contenus et des services : cela peut être une page web, un forum ou de la musique.</p>
<p align="justify">Les matières numérique ont fait subir au livre ce qu’elles ont fait subir a toute la réalité : elle l’augmentent. Le livre n’est plus tout entier enfermé entre sa première et sa quatrième de couverture. Il déborde, et saute vers d’autres médias. Ce n’est pas vraiment une nouveauté : le livre a toujours eu en lui une part d’hypertextualité : il fait référence à des livres qui ne sont pas lui, et ses appareils critiques sont des liens internes. </p>
<p align="justify">Ironiquement, alors que l’on tentait de donner aux écrans une forme de livre, avec des objets comme le Kindle, le papier préparait en silence son mariage avec les matières numériques.</p>
<p align="justify">Le livre est une <em>killing app’</em>&#160; ou plus platement un “objet-interface” (<a href="http://www.fkaplan.com/fr/multipage.xml?pg=5&amp;id=304707">F. Kaplan</a>). De tous les objets, c’est sans doute celui nous met le plus facilement en contact avec l’information : le parcourir donne une idée de son contenu, on retrouve facilement la page que l’on cherche parce que ses manipulations nous ouvrent les accès de la symbolisation “en corps” tandis que les matières numériques mettent de type de symbolisation et de mémorisation en retrait.</p>
<p align="justify">Un des avenirs du livre est peut-être dans ce dispositif inventé par Frédéric Kaplan : une lampe projette une lumière interactive. Elle projette des images sur ce que l’on lit. Ce peut être des liens hypertexte, des images, des vidéos. Le dispositif&#160; permet de garder en mémoire les traces des lectures passées, de transformer le livre en palimpsestes en superposant sur la page lue des informations sur les lectures précédentes de cette même page.&#160; </p>
<p align="justify">Nous approchons nous du moment ou <a href="http://mediateur.free.fr/web/hist_aswemaythink_fr.htm">le rêve du vieux Vannevar Bush</a> pourra être réalisé ?</p>
<blockquote><p align="justify">Comme pour la musique, la plupart des documents imprimés sont déjà numérisés quelque part sur Internet, ou ils le seront demain. Le rêve des Ptolémée à Alexandrie est en train de se réaliser.<em> La question n’est donc plus celle de l’accès, mais celle de nos cheminements.</em> . <a href="http://www.fkaplan.com/fr/multipage.xml?pg=5&amp;id=304707">Frédéric Kaplan</a></p>
</blockquote>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.web-perlaboration.net/blog/les-metamorphoses-du-livre/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Eclats de lecture</title>
		<link>http://www.web-perlaboration.net/blog/eclats-de-lecture</link>
		<comments>http://www.web-perlaboration.net/blog/eclats-de-lecture#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 19 Sep 2009 15:02:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann.leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.web-perlaboration.net/blog/?p=79</guid>
		<description><![CDATA[Martin Lessard, se fait l&#8217;&#233;cho du livre de Christian Vandendorpe Du papyrus &#224; l&#8217;hypertexte dans son billet La lecture en &#233;clats. Il profite pour reprendre quelques unes des questions que posent l&#8217;&#233;crit une fois qu&#8217;il traverse l&#8217;&#233;cran
D&#8217;un cot&#233;, nous avons le livre, avec l&#8217;auteur, le lecteur, le texte et l&#8217;organisation du codex en chapitre, paragraphes, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://www.amazon.fr/papyrus-lhypertexte-Essai-mutations-lecture/dp/2707131350"><img border="0" alt="" align="left" src="http://vandendorpe.org/papyrus/Papyrus2.jpg" width="200" height="309" /></a><strong>Martin Lessard,</strong> se fait l&#8217;&#233;cho du livre de <a href="http://www.lettres.uottawa.ca/vanden.html">Christian Vandendorpe</a> <strong><a href="http://www.amazon.fr/papyrus-lhypertexte-Essai-mutations-lecture/dp/2707131350">Du papyrus &#224; l&#8217;hypertexte</a> </strong>dans son billet <a href="http://zeroseconde.blogspot.com/2009/08/la-lecture-en-eclats.html">La lecture en &#233;clats</a>. Il profite pour reprendre quelques unes des questions que posent l&#8217;&#233;crit une fois qu&#8217;il traverse l&#8217;&#233;cran</p>
<p align="justify">D&#8217;un cot&#233;, nous avons le livre, avec l&#8217;auteur, le lecteur, le texte et l&#8217;organisation du codex en chapitre, paragraphes, pages. De l&#8217;autre, l&#8217;&#233;cran, le texte qui se fait hyper, et comme figures la dispersion, la fragmentation, la mosa&#239;que, la superposition de contenus h&#233;t&#233;rog&#232;nes ou h&#233;t&#233;roclites. </p>
<p align="justify">La lecture en est chamboul&#233;e non pas seulement parce que les motifs de distraction &#8211; on ne s&#8217; arr&#234;te pas assez souvent sur cette id&#233;e curieuse : la lecture doit &#234;tre s&#233;rieuse &#8211; sont nombreux. Il faut aussi prendre en compte que la lecture se m&#232;le &#224; l&#8217;&#233;criture : le texte est transvas&#233; dans d&#8217;autres espaces sociaux, index&#233;, sauvegard&#233;. La lecture solitaire et silencieuse qui &#233;tait la norme depuis Saint Augustin n&#8217;est plus de mise&#160; : liens syntaxiques de    <br />cause, d&#8217;opposition, de but, de cons&#233;quence et autres, mais aussi liens     <br />logiques, pragmatiques et de coh&#233;rence narrative. </p>
<p align="justify">Pour comprendre ces changements, nous avons derri&#232;re nous l&#8217;histoire. Lorsque Gutemberg invente l&#8217;imprimerie et fait du livre un objet de masse, la quantit&#233; de savoir explose exponentiellement. Pour , <strong>Douglas S. Roberston</strong>, nous sommes dans une situation comparable &#224; celle des contemporains de Gutemberg : nous serions sur le point de traverser <a href="http://www.amazon.fr/New-Renaissance-Computers-Level-Civilization/dp/0195121899">une nouvelle renaissance</a>. C&#8217;est une position int&#233;ressante, surtout si l&#8217;on prend en compte que la renaissance suppose que l&#8217;on en passe par la mort.</p>
<p align="justify">Nous voila donc dans des configurations qui peuvent nous sembler plus famili&#232;re : <a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/malaise_civilisation/malaise_civilisation.html">le malaise dans la civilisation.</a> Ce que la culture secr&#232;te via le r&#233;seau <a href="http://www.lettres.uottawa.ca/vanden.html">Christian Vandendorpe</a> croise &#233;galement d&#8217;autres questions qui nous sont tout autant famili&#232;res : l&#8217;id&#233;e d&#8217;un &quot;espace de s&#233;duction&quot; donne a penser. Par exemple, il est possible que l&#8217;attention limit&#233;e que nous avons sur nos &#233;crans ne soient pas due &#224; la s&#233;duction mais &#224; l&#8217;horreur. </p>
<p align="justify">Si l&#8217;on prend en compte que le papier est une de nos mati&#232;res a penser, sa d&#233;mat&#233;rialisation ne manquera de provoquer quelques effets. Le simple passage du codex avec ses feuillets, son dos, le recouvrement des pages au fil de la lecture a une page sur un &#233;cran qui s&#8217;affiche, dispara&#238;t et maintenant se modifie au fil des commentaires et des publicit&#233;s influe sur nos pens&#233;e : ici les recouvrements, le temps qui passe avec un avant et un apr&#232;s, bref, l&#8217;organisation oedipienne et de l&#8217;autre&#8230; autre chose</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify">A noter : le livre <a href="http://vandendorpe.org/papyrus/PapyrusenLigne.pdf">Du papyrus &#224; l&#8217;hypertexte est disponible int&#233;gralement en ligne</a>. [.pdf, 8.72 Mo]</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.web-perlaboration.net/blog/eclats-de-lecture/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;aube de Neotron &#8211; Culture d&#8217;univers</title>
		<link>http://www.web-perlaboration.net/blog/laube-de-neotron-culture-dunivers</link>
		<comments>http://www.web-perlaboration.net/blog/laube-de-neotron-culture-dunivers#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2009 15:51:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann.leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[avatar]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[frank beau]]></category>
		<category><![CDATA[nick yee]]></category>
		<category><![CDATA[univers]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.web-perlaboration.net/blog/?p=78</guid>
		<description><![CDATA[L&#8217;aube de Neotron from videosfing on Vimeo. 
&#160;
Les bip-bip de Spoutnik I ont ouvert la porte de nouveaux univers. Il n&#8217;y a pas eu de Big Bang, ni de Grand Jour, mais une maturation lente et continue qui a conduit à ce que nous appelons aujourd&#8217;hui cyberspace, web, www ou Internet. Petit à petit, des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><embed src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=939605&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=&amp;fullscreen=1" width="400" height="300" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed><br /><a href="http://vimeo.com/939605">L&#8217;aube de Neotron</a> from <a href="http://vimeo.com/fing">videosfing</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>. </p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Les bip-bip de Spoutnik I ont ouvert la porte de nouveaux univers. Il n&#8217;y a pas eu de Big Bang, ni de Grand Jour, mais une maturation lente et continue qui a conduit à ce que nous appelons aujourd&#8217;hui cyberspace, web, www ou Internet. Petit à petit, des éléments disparates se sont en place : ici un protocole de communication, là une &laquo;&nbsp;<i>killer ap</i>&laquo;&nbsp;, plus loin un navigateur… donnant naissance à une série d’espaces inédits. Certains ont déjà disparu (BitNet, les Mud, les BBS…) d’autres survivent, d’autres encore sont colonisés (Usenet) mais quelque soit leur situation présente, le numérique est durablement implanté dans l’espace géographique. Ces nouveaux espaces ont été rêves par plus d’un – de Tim BERNERS-LEE, Ted NELSON à Doug ENGELBART en passant par Jorge Luis BORGES , Italo CALVINO ou William GIBSON – et c’est sans doute le génie d’une époque d’avoir fait se joindre si intimement des rêves personnels avec ce qu’une culture peut offrir.
<p align="justify">Ce sont ces espaces que Frank Beau et trente et un auteurs explorent dans Culture d&#8217;Univers. Le livre est déjà riche de textes mais il est accompagné d&#8217;un film réalisé par des étudiants de <strong>L&#8217;aube de Néotron </strong>est un documentaire de trente trois minutes présentant les grandes caractéristiques des mondes en ligne. Il a été réalisé par des étudiants de la promotion 2004 de <a href="http://www.hetic.net/">Hetic</a> (Aurélie Chaletet, Edouard Debrousse, Thomas Eveillau, Jean Gottar, Shimpei Matsuda). Le film est donc déjà ancien, mais il a bien résisté au temps, ce qui, dans les mondes numériques, est déjà un petit exploit en soi. </p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.web-perlaboration.net/blog/laube-de-neotron-culture-dunivers/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>R&#233;union du 11 septembre 2008</title>
		<link>http://www.web-perlaboration.net/blog/runion-du-11-septembre-2008</link>
		<comments>http://www.web-perlaboration.net/blog/runion-du-11-septembre-2008#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 29 Sep 2008 10:17:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann.leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sillages]]></category>
		<category><![CDATA[Clarisse Herrendschmidt]]></category>
		<category><![CDATA[cyborg]]></category>
		<category><![CDATA[Kevin Warwick]]></category>
		<category><![CDATA[thomas more]]></category>
		<category><![CDATA[utopie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.web-perlaboration.net/blog/?p=66</guid>
		<description><![CDATA[Réunion de rentrée pour le groupe de travail Internet, psychanalyse et culture avec au programme
L’utopie de Thomas More
La conférence de Clarisse Herrendschmidt
Kevin Warwick, premier cyborg

&#160;
L’utopie de Thomas More
Thomas More (1478 &#8211; 1535) nous a laissé un essai politique dans lequel il invente le mot &#171;&#160;utopie&#171;&#160;. Ce lieu qui n&#8217;est nulle part (u topos) est aussi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">Réunion de rentrée pour le groupe de travail <strong>Internet, psychanalyse et culture</strong> avec au programme</p>
<blockquote><p align="justify">L<a href="http://www.amazon.fr/Utopia-Thomas-Mich%C3%A8le-Madonna-Desbazeille/dp/2729858768" target="_blank">’utopie</a> de Thomas More</p>
<p align="justify">La conférence de Clarisse Herrendschmidt</p>
<p align="justify">Kevin Warwick, premier cyborg</p>
</blockquote>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><strong>L’utopie de Thomas More</strong></p>
<p align="justify">Thomas More (1478 &#8211; 1535) nous a laissé un essai politique dans lequel il invente le mot &laquo;&nbsp;<strong>utopie</strong>&laquo;&nbsp;. Ce lieu qui n&#8217;est nulle part (u topos) est aussi le lieu du bonheur (eu topos), contrepoint à la société tudorienne que Thomas More observe et dénonce. Fine intelligence, il a fait des études de droit et participe à la vie politique de l&#8217;angleterre. Il devient Ministre d&#8217;Henri VIII ce qui lui vaudra finalement d&#8217;être guillotiné pour s&#8217;être opposé au roi qui entrainait l&#8217;église anglicane dansun schisme pour pouvoir épouser en secondes noces Anne Boleyin</p>
<p align="justify"><a href="http://fr.wikisource.org/wiki/L%27Utopie">L&#8217;u/eu</a> topie de Thomas More&nbsp; marquera profondément la pensée occidentale. On en trouve des traces dans le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Phalanst%C3%A8re">phalanstère</a> de Fourrier ou les reflexions d&#8217;un Michel Foucault sur <a href="http://foucault.info/documents/heteroTopia/foucault.heteroTopia.fr.html">l&#8217;hétérotopie</a>. Il faut dire que la question est d&#8217;importance : comment faire le bonheur des hommes ? Comment organiser leurs vies, leurs sociétés pour réduire les maux dont collectivement et individuellement ils souffrent ? </p>
<p align="justify">Entre Thomas More et Foucault, il y a le Malaise de la civilisation de Sigmund Freud [<a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/malaise_civilisation/malaise_civilisation.html">texte original</a>] [<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Malaise_dans_la_civilisation">article wikipédia</a>] : des trois menaces du Moi, l&#8217;autre est sans doute la plus pénible et la plus difficilement évitable. Aussi, ce n&#8217;est plus tellement la question du bonheur qui oriente les travaux sur l&#8217;utopie, mais celle des espaces, de leurs usages, et de ce qu&#8217;ils révèlent de nos sociétés.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><strong>La conférence de Clarisse Herrendschmidt</strong></p>
<p align="justify"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Clarisse_Herrenschmidt">Clarissse Herrendschmidt</a> a donné il y a quelques mois à Bordeaux une conférence intitulée <a href="http://www.canalu.fr/canalu/producteurs/universite_victor_segalen_bordeaux_2_dcam/dossier_programmes/l_invite_du_mercredi/demain_l_ecriture">Demain l&#8217;écriture</a>. Son propos est de monter que le fait que nous confions toutes nos écritures à un même dispositif n&#8217;est pas sans effets dans la culture . L&#8217;ordinateur est ce dispositif qui permet d&#8217;écrire les signes des langues, les images fixes et mobiles, la musique et les voix et la manie. Nous sommes donc de plus en plus amenés à être reliés par des objets qui ont du langage entre eux, c&#8217;est à dire que nous sommes amenés a déléguer de plus en plus à des machines ce qui, dans la culture, était considéré comme étant le propre de l&#8217; homme : le langage.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><strong>Kevin Warwick</strong></p>
<p align="justify"><a href="http://www.kevinwarwick.com/">Kevin Warwick</a> est le premier cyborg autoproclamé. Il se livre depuis 1998 à des expériences d&#8217;implantation de puces électroniques. Ces expériences sont très controversées : on lui reproche d&#8217; aimer un peu trop les micros et les plateaux de télévision. Quelque soit la part de spectacle de ses opérations, il n&#8217;empeche qu&#8217;elles posent spectaculairement la question de l&#8217;articulation de l&#8217;humain avec ce qui n&#8217;est pas humain.</p>
<p align="justify">
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.web-perlaboration.net/blog/runion-du-11-septembre-2008/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;homme-machine</title>
		<link>http://www.web-perlaboration.net/blog/lhomme-machine</link>
		<comments>http://www.web-perlaboration.net/blog/lhomme-machine#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 19 Jun 2008 06:11:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann.leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Groupe - Absence et présence - Je Moi Self]]></category>
		<category><![CDATA[Objets et espaces transitionnels]]></category>
		<category><![CDATA[aire transitionnelle]]></category>
		<category><![CDATA[donald winnicott]]></category>
		<category><![CDATA[jean de la fontaine]]></category>
		<category><![CDATA[michel foucault]]></category>
		<category><![CDATA[objet-soi]]></category>
		<category><![CDATA[self-object]]></category>
		<category><![CDATA[serge tisseron]]></category>
		<category><![CDATA[sherry turkle]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.web-perlaboration.net/blog/?p=63</guid>
		<description><![CDATA[&#160; 
La technologie est de plus en plus pr&#233;sente dans nos vies, et il est important de comprendre comment elle fa&#231;onne le sentiment d&#8217;&#234;tre un &#234;tre humain. Les rapprochements se sont faits dans les deux sens. D&#8217;un cot&#233;, les machines deviennent de plus en plus capables de faire des choses qui seraient consid&#233;r&#233;es comme intelligentes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&#160;<img src="http://www.vivantinfo.com/typo3temp/pics/9e591c3a35.jpg" align="left" /> </p>
<p>La technologie est de plus en plus pr&#233;sente dans nos vies, et il est important de comprendre comment elle fa&#231;onne le sentiment d&#8217;&#234;tre un &#234;tre humain. Les rapprochements se sont faits dans les deux sens. D&#8217;un cot&#233;, les machines deviennent de plus en plus capables de faire des choses qui seraient consid&#233;r&#233;es comme intelligentes si elle &#233;tait faites par un &#234;tre humain; de l&#8217;autre, les &#234;tre humains se rapprochent de plus en plus de leurs machines, les consid&#233;rant comme une extension de leur self.</p>
<p>L&#8217;internet est un espace dans lequel de nouvelles formes d&#8217;exploration de soi et des autres est possible. La psychopharmacologie, la g&#233;n&#233;tique, l&#8217;intelligence artificielle et la robotique font partie des technologiques reconfigurent les fronti&#232;res classiques du vivant et nous poussent &#224; repenser des notions fondamentales : qu&#8217;est ce qu&#8217;&#234;tre humain ? qu&#8217;est ce que penser ? Au MIT, <a href="http://web.mit.edu/sturkle/www/techself/" target="_blank">Sherry Turkle</a> et Abby Rockfeller Mauz&#233; ont cr&#233;&#233; le groupe <a href="web.mit.edu/sturkle/www/techself/" target="_blank">Initiative on technology</a> en 2001. Le groupe a pour but d&#8217;&#234;tre un centre de reflexion et de recherche sur les effets de la techologie et d&#8217;attirer l&#8217;attention sur les dimensions sociales et psychologiques qu&#8217;ils impliquent</p>
<p>Au sein de ce groupe, Sherry Turkle a men&#233; une r&#233;flexion sur ce qu&#8217;elle a appel&#233; les &quot;evocative objets&quot;, c&#8217;est &#224; dire des objets qui nous am&#232;ne &#224; nous penser diff&#233;rement ou &#224; penser diff&#233;rement des cat&#233;gories telles que le corps, le d&#233;sir, l&#8217;autre. Pour le dire autrement, les &quot;evocative objects&quot; sont des objets au contact duquel nous nous pensons diff&#233;rement.</p>
<p>Psychanalyste, Sherry Turkle en appelle &#224; de nouvelles th&#233;orisations de la psychanalyse sur ces questions. Elle fait remarquer que pour l&#8217;instant, la psychanalyse est &#233;trangement silencieuses sur des questions qui sont pourtant centrales pour elle : l&#8217;identit&#233; et la relation d&#8217;objet. Les questions apport&#233;s par l&#8217;intelligence artificielle : comment l&#8217;esprit &#233;merge d&#8217;interactions, par exemple lui semblent porteuse de d&#233;bats riches et n&#233;cessaires entre la psychanalyse et les neurosciences. Chaque disciple se trouverait enrichie par ces &#233;changes, et la culture elle m&#234;me y gagnerait une voix suppl&#233;mentaire car pour l&#8217;instant, pour ce qui est de tous ces objets qui accompagnent notre quotidient, c&#8217;est surtout les publicitaires qui se font entendre.</p>
<p>Dans les ann&#233;es 1980, Sherry Turkle consid&#233;rait que l&#8217;ordinateur &#233;tait comme un second self au sens d&#8217;un objet de projection. Chacun avait alors une relation priv&#233;e avec son ordinateur. La machine offirait l&#8217;extraordinaire possibilit&#233; de chosir d&#8217;&#234;tre seul sans &#233;prouver de la solitude. Il est possible de lui confier ses objets, sa vie, soi-m&#234;me. Connect&#233; sur le r&#233;seau, l&#8217;ordinateur devient une porte ouverte &#224; de nombreuses relations. Dans cette nouvelle <em>comedia del arte</em>, chacun peut jouer son jeu puisque chacun peut avancer masqu&#233; : sur le r&#233;seau, personne ne sait que tu es un chien. Chacun pourrait ainsi explorer diff&#233;rents aspects de son self en jouant avec ses identit&#233;s en ligne. Il ne s&#8217;agit pas simplement pour Sherry Turkle de jeux de r&#244;le, mais de la pr&#233;sence au sein de self de diff&#233;rents mondes et jouant diff&#233;rents r&#244;les en m&#234;me temps.</p>
<p>Les r&#233;f&#233;rences qu&#8217;elle utilise viennent principalement de Kohut et d&#8217;Erickson. A Kohut, elle emprunte la notion de d&#8217;objet-soi (&quot;self-object) c&#8217;est &#224; dire des objets pris dans le monde ext&#233;rieur pour &#233;tayer un narcissisme fragile. Les objets relationnels lui semblent &#234;tre de bons candidats pour &#234;tre utilis&#233;s comme des objets-soi. La seconde r&#233;f&#233;rence est celle du moratoire d&#8217;Erickson. On se souvient que Milton Erickson avait d&#233;crit l&#8217;adolescence comme un moratoire, c&#8217;est &#224; dire un temps ou des exp&#233;riences peuvent &#234;tre faites sans qu&#8217;elles pr&#234;tent &#224; consc&#233;quence. Sherry Turkle pose l&#224; une hypoth&#232;se qui me parait tout &#224; fait int&#233;ressante : puisque notre culture n&#8217;offre plus a ses adolescents de moratoire, les groupes en ligne jouent ce r&#244;le. Pour certain, c&#8217;est l&#8217;occasion d&#8217;agir des pulsions d&#8217;une mani&#232;re qui serait s&#233;v&#232;rement r&#233;prim&#233;e dans le monde hors ligne, pour d&#8217;autres la possibiblit&#233; de rejouer des difficult&#233;s personnelles, pour d&#8217;autres enfin la possibilit&#233; de les &#233;laborer. [Cf. Travail du virtuel, Tisseron.,]. Enfin, bien &#233;videment, on retrouve D. W. Winnicott et son objet transitionnel avec une annotation importante : c&#8217;est parce qu&#8217;il &#233;tait, tout comme Erickson, psychanalyste d&#8217;enfant, qu&#8217;il a pr&#233;t&#233; aux objets l&#8217;attention qui leur est d&#251;e.</p>
<p>Il est surprenant de ne pas trouver dans les r&#233;f&#233;rences de Sherry Turkle Harold Searles qui a produit un travail important sur l&#8217;environnement non humain. Sa th&#232;se principale &#233;tait que cet environnement joue un r&#244;le crucial dans le d&#233;veloppement humain. Le peu d&#8217;attention qui lui est port&#233; est une mesure de l&#8217;exigence de travail par lequel nous nous pensons et vivons diff&#233;rent de l&#8217;inanim&#233;. Winnicott reprendra une th&#232;se similaire en supposant que l&#8217;acceptation de la r&#233;alit&#233; est &quot;une t&#226;che sans fin et que nul &#234;tre humain ne parvient &#224; se lib&#233;rer de la tension suscit&#233;e par la mise en relation de la r&#233;alit&#233; du dedans et de la r&#233;alit&#233; du dehors&quot; et que c&#8217;est pr&#233;cis&#233;ment pour se soulager de cette tension qu&#8217;est cr&#233;e une aire transitionnelle (D.W. Winnicott, Jeu et r&#233;alit&#233; p. 24)</p>
<p>Si les objets portables nous sont devenus de &quot;objets relationnels&quot;, c&#8217;est pr&#233;cis&#233;ment nous pouvons les porter comme des v&#234;tements. Cela est d&#8217;ailleurs vrai pour tous les objets, auxquels nous pouvons d&#233;l&#233;guer une partie de notre fonctionnement psychique dans des buts de sauvegarde. Cela est parfaitement illustr&#233; par le conte conte de Jean de Lafontaine, &quot;<a href="http://www.anthologie.free.fr/anthologie/fontaine/nouveau01.htm" target="_blank">Comment l&#8217;esprit vient aux filles</a>&quot; par lequel il d&#233;crit les aventures de Lise, 13 ans :</p>
<blockquote><p>Lise n&#8217;&#233;tait qu&#8217;un mis&#233;rable oison.</p>
<p>Coudre &amp; filer &#233;tait son exercice;</p>
<p>Non pas le sien, mais celui de ses doigts;</p>
<p>Car que l&#8217;esprit e&#251;t part &#224; cet office,</p>
<p>Ne le croyez pas; il n&#8217;&#233;tait nul emplois</p>
<p>O&#249; Lise p&#251;t avoir l&#8217;&#226;me occup&#233;e</p>
</blockquote>
<p>D&#8217;ailleurs, Jean de La Fontaine le dit brutalement : &#171; Lise songeait autant que sa poup&#233;e &#187;. Il y aurait beaucoup &#224; dire sur ce conte grivois &#8211; car bien entendu, il se trouvera un p&#232;re Bonaventure pour traiter Lise comme une poup&#233;e &#8211; mais un des angles de compr&#233;hension est rendu possible par les r&#233;flexions de S. Tisseron sur les objets [Tisseron. 1999] . Les objets, c&#8217;est la th&#232;se qu&#8217;il d&#233;fend, donnent &#224; penser, c&#8217;est-&#224;-dire qu&#8217;ils sont une aide &#224; la symbolisation. </p>
<p>Cette symbolisation est une symbolisation &#171; en corps &#187;, en ce sens qu&#8217;elle fait participer l&#8217;exp&#233;rience que nous avons du monde, et ce jusque dans ses recoins sensuels ou douloureux, pour les traduire en repr&#233;sentations qui vont &#224; la fois rappeler et t&#233;moigner de cette exp&#233;rience aupr&#232;s d&#8217;un autre. La manipulation obsessionnelle d&#8217;un objet, l&#8217;&#233;lection d&#8217;un v&#234;tement pr&#233;f&#233;r&#233;, la mise en valeur d&#8217;un bibelot, la r&#233;novation de meubles anciens peuvent t&#233;moigner aussi bien d&#8217;un mouvement d&#8217;introjection, de la r&#233;activation de sensations, d&#8217;&#233;motions, de fantasmes narcissiques et sexuels ou encore de la mise en d&#233;p&#244;t de fragments d&#8217;exp&#233;rience douloureux. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il faut sans doute redresser l&#8217;histoire de Jean de Lafontaine : c&#8217;est apr&#232;s avoir &#233;t&#233; &#171; piqu&#233;e &#187; par le p&#232;re Bonaventure, trait&#233;e comme une poup&#233;e, que Lise en est r&#233;duite &#224; ne plus pouvoir penser &#224; quoi que ce soit. Et ce n&#8217;est plus que du bout des doigts qu&#8217;elle se permet d&#8217;&#234;tre vivante, perdue dans une manipulation d&#8217;objets qui rappelle le traitement dont elle a &#233;t&#233; l&#8217;objet. A moins que la quenouille ne soit un de ces &#171; objets fatals &#187; que d&#233;crit S. Tisseron, c&#8217;est-&#224;-dire un objet ayant fait l&#8217;objet d&#8217;un encryptement qui fonctionnent comme des bombes &#224; retardement si les significations secr&#232;tes qui y sont attach&#233;es ne sont pas r&#233;v&#233;l&#233;es. Se serait alors inscrite quelque catastrophe v&#233;cue par la g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente et que l&#8217;activit&#233; de couture aurait eu pour fonction &#224; la fois de symboliser, gr&#226;ce &#224; l&#8217;introjection lente et patiente des gestes de la couture, et de maintenir loin de la pens&#233;e dans un clivage actif : ce sont les doigts de Lise qui travaille, nous dit Lafontaine, son &#226;me, elle, est vide.</p>
<p>Les objets dont parle Sherry Turkle ne sont pas si diff&#233;rents de la quenouille de Lise. Ils ne pensent pas, mais des pens&#233;es leur sont pr&#234;t&#233;es. Ils peuvent assurer, comme tous les objets, des fonctions utilitaires, narcissiques ou sexuelles. Ils nous identifient, conservent nos souvenirs et participent &#224; un travail d&#8217;&#233;laboration de notre montre interne. Ces objets nous identifient au sens de &quot;donner une identit&#233;&quot; mais aussi, de plus en plus souvent, au sens de &quot;reconna&#238;tre&quot;; ils conservent nous souvenirs sous la forme des traces des messages que nous avons envoy&#233;s ou des l&#8217;historique de nos interactions avec l&#8217;objet; enfin, ils participent &#224; un travail d&#8217;&#233;laboration de notre monde interne en nous en fournissant une image. Cette &#233;laboration &#224; mon sens, n&#8217;est accessible, que si le rapport que nous avons avec l&#8217;objet nous est interpr&#233;t&#233; par quelqu&#8217;un d&#8217;autre.</p>
<p>Ces objets sont cependant diff&#233;rents : ils appartiennent &#224; des espaces cr&#233;&#233;s &#224; leur mesure. Les espaces num&#233;riques auxquel ils appartiennent nous sont &#233;trangers. Nous ne pouvons les parcourir qu&#8217;avec l&#8217;aide de ces d&#233;l&#233;gations diplomatiques que sont nos avatars et nos identit&#233;s num&#233;riques. Ces espaces num&#233;riques sont des &quot;contre-espace&quot; (Foucault, 1967) c&#8217;est-&#224;-dire des &quot;hors-l&#224;&quot; qui doublent l&#8217;espace en le r&#233;pr&#233;sentant et le contestant tout &#224; la fois. Ce sont des espaces sans lieu. L&#8217;enfance en est un bon exemple. Si nous pouvons revenir sur notre enfance en pens&#233;e, il arrive que nous ne puissions, par inhibition, par refus assum&#233;, ou par emp&#234;chement, revenir sur des lieux de cette enfance. Nous avons le souvenir d&#8217;une maison, d&#8217;une plage, d&#8217;un jardin public, mais le lieu nous est interdit. Mieux encore : l&#8217;espace et le lieu ne sont jamais totalement superposable, d&#8217;ou la d&#233;ception ou l&#8217;&#233;tranget&#233; que l&#8217;on &#233;prouve lorsque l&#8217;on se rend sur les lieux de son enfance et que l&#8217;on se trouve en fait dans l&#8217;espace de ses souvenirs. Les espaces num&#233;riques fonctionnent de la m&#234;me mani&#232;re. Ils n&#8217;ont pas de lieux, mais ils sont constitu&#233;s par une s&#233;rie d&#8217;espace dont nous gardons des souvenirs et les machines des traces.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.web-perlaboration.net/blog/lhomme-machine/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le cyberspace, un espace psychique</title>
		<link>http://www.web-perlaboration.net/blog/le-cyberspace-un-espace-psychique</link>
		<comments>http://www.web-perlaboration.net/blog/le-cyberspace-un-espace-psychique#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 01 Jun 2008 15:39:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yann.leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Web - pratiques et critiques]]></category>
		<category><![CDATA[cyberspace]]></category>
		<category><![CDATA[foucault]]></category>
		<category><![CDATA[hétérotopie]]></category>
		<category><![CDATA[suler]]></category>
		<category><![CDATA[textualité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.web-perlaboration.net/blog/?p=62</guid>
		<description><![CDATA[Ce que l’on appelle cyberspace est un espace particulier. C’est un espace autre, hétérotopique au sens où l’entendait M. FOUCAULT, c&#8217;est-à-dire un espace qui a « la curieuse propriété d&#8217;être en rapport avec tous les autres emplacements, mais sur un mode tel qu&#8217;ils suspendent, neutralisent ou inversent l&#8217;ensemble des rapports qui se trouvent, par eux, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce que l’on appelle <i>cyberspace </i>est un espace particulier. C’est un espace <i>autre</i>, hétérotopique au sens où l’entendait M. FOUCAULT, c&#8217;est-à-dire un espace qui a «<i> la curieuse propriété d&#8217;être en rapport avec tous les autres emplacements, mais sur un mode tel qu&#8217;ils suspendent, neutralisent ou inversent l&#8217;ensemble des rapports qui se trouvent, par eux, désignés, reflétés ou réfléchis »<a href="#_ftn1_7504" name="_ftnref1_7504"><b>[1]</b></a></i>
<p>Du point de vue de l’individu, cet espace a des caractéristiques particulières, décrites pour la première fois par John SULER <a href="#_ftn2_7504" name="_ftnref2_7504">[2]</a>, Depuis 1996 ce psychologue américain s’intéresse à la perception et à l’investissement des personnes du cyberspace. Ses articles couvrent à peu près tous les domaines du cyberspace mais il s’est intéressé plus particulièrement aux bavardoirs graphiques et à leur aspect communautaire. Ses articles peuvent être déroutants par leur coté touche à tout tant du point de vue des référents théoriques que de leur objet. Mais il l a donné deux articles remarquables. Dans l’un, il compare le cyberspace à l’espace du rêve. Le second : « Les caractéristiques basiques du cyberspace », est celui qui nous intéresse ici. Pour SULER, « ces caractéristiques déterminent comment les personnes se conduisent dans ce nouvel environnement social » même si « La façon dont une personne se conduit dans le cyberspace sera toujours une interaction complexe entre ces caractéristiques et celles de la personne »
<p>Les éléments caractéristiques du cyberspace sont : la réduction des sensations, la textualité, la souplesse des identités, l’altération des perceptions, l’égalitarisme, l’espace transcendé, l’extensibilité temporelle, la multiplicité des contacts, la conservation des échanges, et la casse matérielle ou logicielle. Je les reprends en leur adjoignant un point de vue psychanalytique.
<p><i>La réduction des sensations.</i>
<p>Sur Internet, les canaux sensoriels avec lesquels on capte habituellement l’autre, la vue et l’ouie, font défaut. Quand bien même la visioconférence se développerait, il ne s’agirait encore que d’images qui échoueraient à transmettre cette présence particulière – ou son absence – qu’on certains individus. Enfin, l’absence réelle des corps rend impossible le toucher, tendre ou agressif, et modifie à la fois l’interaction et la fantasmatisation sous-jacente.
<p><b></b>
<p>La disparition de l’autre comme image et comme voix a pour conséquence une confusion, plus ou moins importante, mais toujours présente entre l’autre et soi, ou entre différents autres. Si cette confusion menace, ce n’est pas seulement parce que l’autre, dans sa corporéité, est absent. La conscience de soi est modifiée en ceci que tous les investissements périphériques semblent être supprimés. Ne subsistent que ceux nécessaires à l’activité : le regard, fixé sur l’écran, et les mains, pour la frappe au clavier. L’environnement, au-delà de l’écran, s’estompe. Le Moi dispose ainsi d’une grande quantité d’énergie qui viennent sur-investir les pensées conscientes et pré-conscientes, leur donnant un poids et une saveur qu’ils n’ont pas habituellement.
<p>Les psychanalystes d’enfants connaissent une situation similaire : celle ou l’enfant dessine, généralement immobile et silencieux. On trouve le même circuit pulsionnel que donne A. ANZIEU à propos du dessin : <i>«(…) le maintien par la main de l’instrument du dessin, participe au plaisir de porter une marque des ressentis émotionnels. Le regard contrôle le mouvement, comme un précurseur du sur-moi qui va, par la suite, veiller sur la production anale et ses ressentis organiques et affectifs. L’œil, dans le processus du dessin, est le représentant des contrôles moïques de l’expression pulsionnelle liée au plaisir. En même temps, il participe du contrôle sur-moïque lié à la possession de l’objet interne et à la maîtrise exercée sur lui. » </i>Annie ANZIEU, in Le travail du dessin en psychothérapie de l’enfant
<p>Il y a cependant trois différences majeures. La première est que l’internaute n’est pas aussi libre de sa créativité que l’enfant. Les formes qu’il produit sont pré-déterminées par le logiciel qu’il utilise et/ou les codes et signes qui lui ont été transmis. La seconde est que le mouvement de la main n’a plus qu’un très lointain rapport avec ce qui apparaît sur l’écran. La troisième, qui me semble être la plus importante, est la dissociation entre la main et l’œil. En effet, pour être un bon joueur, ou un bon dactylographe, il ne faut pas regarder ses mains, mais l’écran. C&#8217;est-à-dire que contrairement à ce qui se passe dans le dessin, le lieu de production et le produit sont distant l’un de l’autre. Cette délocalisation conduit à cette situation étrange que le contrôle moique et sur-moïque de l’œil dont parle A.ANZIEU s’exerce loin des lieux de production du plaisir.
<p>Le reflux des investissements périphériques se fait au détriment de la saisie de la réalité et à l’avantage de la réalité psychique. C’est ce qui fait peser cette menace de confusion : perte de limites avec le monde extérieur, confusion du Moi avec ses objets internes, ou des différents objets internes, et ce d’autant plus que l’autre se prête assez complaisamment a toutes les projections. Contre cette menace de confusion s’établit un travail d’identification – qui dit quoi,et à qui – et de différenciation pour permettre à l’autre d’exister et de ne pas être seulement un reflet des projections
<p><i>La textualité. </i>La plus grande part des échanges sur Internet se fait via l’écrit. Il s’agit d’une sorte d’oralité écrite avec des inventions typographiques pour évoquer des émotions ou des mimiques faciales ou gestuelles. L’inventivité de quelques uns, la transmission réussie de ce qui a été ainsi fait au plus grand nombre a ainsi permis de réintroduire l’image du corps dans un environnement où cela était pourtant difficile. Le cyberspace opère une sorte de renversement en éclipsant ce qui était visible (les corps) et en donnant à voir ce qui était subtil (les échanges)
<p><i>La souplesse des identités [labilité des identifications].</i> Sur Internet, chacun est libre de prendre l’identité qu’il souhaite et même autant d’identités qu’il souhaite ou qu’il peut en multipliant les pseudonymes. Dans la pratique, les internautes n’utilisent en général qu’une seule identité à la fois – la gestion de plusieurs pseudonymes dans le même lieu est un art extrêmement difficile. Cette caractéristique du cyberspace permet à chacun d’explorer des fantasmes narcissiques : être à soi-même son propre parent, ou bisexuels : être de l’autre sexe. Cela peut aussi être dire du point de vue d’un Autre ou encore mettre en jeu le fantasme de ne compter pour rien dans les échanges en ne participant plus à la vie du groupe ou encore, dans les chats graphiques, en se faisant représenter par un point ou un espace et en le masquant derrière un autre avatar. Dans ce dernier cas, on a parfois de belles illustrations cliniques qui vont du fantôme à de l’identification projective : la personne invisible prête alors ses mots à un autre avatar
<p>Cette souplesse des identités, au sens où elle serait infinie, est un des fantasmes d’Internet, car en dernière analyse, le choix des identités que peut faire chacun est déterminé par sa dynamique inconsciente. C’est cette même dynamique inconsciente qui donne à chaque personnalité le style qui lui est propre, et qui transparaît dans les échanges faisant que finalement, une personne qui endosse des identités différentes dans un groupe ne tardera pas à être reconnue par son phrasé, ses fautes d’orthographes, sa façon de citer…bref par ce qui fait qu’il est lui et pas un autre.
<p><i>L’altération des perceptions. </i>Le retrait de l’investissement de la réalité immédiate, le surinvestissement de l’espace interne crée un état particulier que l’on peut rapprocher du dessin ou du jeu avec cette différence que dans le cyberspace met en cause un clivage profond entre la main et l’œil sans doute parce que la communication est <i>médiatisée </i>par l’ordinateur. Il est une autre différence : la dissociation que l’on trouve dans tous les environnements du cyberspace. Ce qu’un enfant de 4 ans illustrait joliment par « <i>Quand je joue aux legos, je suis le roi, je suis Aragorn. Quand je joue à </i>Praetorians<i>, je suis partout</i> »
<p>SULER fait à ce niveau une comparaison entre l’espace de certains bavardoirs graphiques et l’espace du rêve car dans l’un comme dans l’autre les lois de la physique et de la logique sont abolies.
<p><i>L’égalitarisme.</i> L’égalitarisme est un des plus vieux aspects de l’Internet. Il est particulièrement mis en valeur dans les environnement WiKi où tout internaute peut écrire et effacer ce qu’il veut. Une encyclopédie en ligne, Wikipedia , est en cours d’élaboration en se basant sur cette simple règle. Certains ont même pu évoquer une « démocratie du net » en partant du fait que chacun était libre et pouvait exprimer ses idées. En fait, il en va sur Internet comme ailleurs : tous égaux, mais quelques uns un peu plus que d’autres. Et la différence se fait en fonction des compétences réelles et/ou supposées de chaque individu. Cette caractéristique marque bien l’aspect groupal d’Internet
<p>Dans la plupart des cas, tout le monde sur Internet a la même chance de se faire entendre. Tout le monde, indépendamment du statut, de la richesse<b><i>, </i></b>de la<b> <i></i></b>race, du sexe etc. commence sur le même pied d’égalité. Certains appellent cela la « net démocratie ». Même si le statut d’un individu à l’extérieur du cyberspace a toujours un impact dans sa vie du cyberspace, il y a quelque vérité dans cet idéal de la net démocratie. Ce qui détermine votre influence sur les autres est votre compétence dans la communication (y compris les compétences à écrire), votre persévérance, la qualité de vos idées, et parfois vos connaissances techniques.
<p><i>L’espace transcendé. </i>Sur Internet, « loin » ne signifie rien. Le temps mis pour joindre des personnes ou des sites est peu significatif : ils sont accessibles, ou non. On peut aisément échanger avec des personnes qui se trouvent sur un autre continent… ou sur le pallier voisin. Dans un cas comme dans l’autre, cela ne fera pas de différence. L’espace, sur Internet, est des plus particulier : tout se passe comme si chaque point ou chaque individu était au voisinage immédiat des autres ; on peut passer de l’un à l’autre d’un clic de souris pour peu que l’on connaisse son adresse. Cela n’est pas sans faire penser à certains contes de fées ou à certains aspects de la pensée primitive : il suffit de connaître le nom d’un site pour le faire surgir sur son écran. Il suffit de posséder l’adresse e-mail de quelqu’un pour se transporter jusqu’à son ordinateur. Ces facilités ont conduit à l’édification de barrières de protection (pare-feu) et de fonctions de filtrages, qui équipent tous les programmes. La menace, pour l’utilisateur, est d’être submergé par de trop nombreux messages et, finalement, de manquer l’information pertinente. Il en est une autre : tous les contacts ne sont pas bienveillants : virus et « spams » et importuns <a href="#_ftn3_7504" name="_ftnref3_7504">[3]</a> hantent les boites à lettres et les espaces de discussion. Le filtrage peut toucher concernant un type de message, un site, où un individu.<a href="#_ftn4_7504" name="_ftnref4_7504">[4]</a> On a donc d’un coté Internet : un espace immense, contenant un nombre perçu comme infini d’objets, et de l’autre l’espace psychique de l’utilisateur vécu comme menacé d’être submergé par cet espacé ou perdu dans cet espace
<p><i>L’extensibilité temporelle. </i>Le temps connaît les mêmes distorsions que l’espace. Sur Internet, la rapidité de la transmission contraste avec la longueur que peut prendre les échanges. La discussion est englobée dans une enveloppe temporelle à la fois commune à tous ceux qui participent à la discussion et indépendante des coordonnées temporelles individuelles. Il y a un tempo spécifique à chacun sur Internet : certains répondent immédiatement aux messages qui leur sont adressés, d’autres mettent un temps plus ou moins long, tous prennent en compte ces variabilités individuelles. Ce qui peut varier, c’est le temps mis à répondre. Même dans les environnements où les individus sont présents en même temps (bavardoirs, messageries instantanées) la tolérance est grande vis-à-vis de ces temps morts.
<p>Cette tolérance a pour principale fonction de protéger les internautes de la fantasmatisation teintée d’angoisse ou d’agressivité qui ne manque pas de se produire face au silence de l’autre. Pourquoi ne répond t il pas ? Ne suis-je pas aimable ? Que fait-il ? Ce sont ces temps morts qui font exister l’autre comme Autre, pouvant être appelé ailleurs, avoir d’autres préoccupations, désirs ou intérêts.
<p>Dans le cyberspace, le temps a la curieuse propriété de pouvoir à la fois être grandement comprimé – ce sont les messageries instantanées, ou les bavardoirs, où il l’on répond du tac au tac – ou dilaté – ce sont principalement les pages web, ou il se distend dans jusqu&#8217;à effacer sa propre origine.
<p><i>La multiplicité des contacts.</i> Internet permet de multiplier contacts sociaux avec une remarquable facilité. Pour donner un ordre de grandeur, une liste de diffusion atteint facilement une cinquantaine d’individus et en un moins d’Internet, on peut facilement rencontrer un plus grand nombre de personnes que durant une vie entière. Si les contacts sont facilités, les ruptures le sont tout autant.&nbsp; Le membre d’un groupe peut « disparaître » (c&#8217;est-à-dire ne plus poster de messages) du jour au lendemain sans aucune explications. La multiplication des contacts sociaux signifie la multiplication des investissements objectaux ce qui apporte pour chaque individu une surcharge de travail psychique. L’investissement de nouveaux objets, leur identification et leur différenciation, leur attribution de qualités en termes de « bon » ou « mauvais » ou plus secondarisés, n’est pas sans provoquer quelques réaménagements dans l’économie psychique de chacun. Ces autres multiples, en fonction des zones de fragilité des sujets, provoquent diffraction de l’image de soi, excitation, ou hémorragie narcissique.
<p><i>La conservation des échanges.</i> Sur Internet, les échanges sont des échanges de fichiers, ce qui fait qu’ils peuvent être conservés tels quels. Le terme utilisé est celui de « sauvegarde » ce qui souligne le risque de naufrage dans l’oubli de toute discussion. Les sites ou les personnes peuvent donc garder une mémoire précise de ce qui a été échangé. Internet assure là sa fonction principale qui est celle de dépôt et de conservation. Dans ce monde électronique, le temps n’a aucune prise sur ce qui a été déposé. Si ces dépôts ne subissent ni érosion, ni dégradation – sinon ils ne sont plus lisibles – l’utilisation qui peut en être faite varie. Ils permettent de revenir après-coup sur les échanges qui se sont produits, pour clarifier quiproquos et ambiguïtés. Ils peuvent également être adressé à un tiers, comme témoin ou complice – l’autre n’est pas, alors, au fait de cette transmission. Tous les internautes ne conservent pas tous leurs échanges – certains le font – mais que cela soit possible laisse très incertain le fait que quoi que ce soit puisse tomber dans l’oubli. Internet accueille et conserve tout de manière égale, ouvrant l’illusion que la trace de l’échange <i>est</i> l’échange. Du coté de l’internaute, cette caractéristiques est riche de gratifications narcissiques : tout ce qu’il produit est digne de valeur puisque conservé mais peut rapidement virer aux angoisses paranoïdes : tout ce qu’il produit peut lui être retourné avec de mauvaises intensions. Le cyberspace est vécu comme le lieu où la rencontre l’objet idéal (par exemple, <i>exactement </i>l’information qui était recherchée) est possible mais gênée par la pléthore d’objets dont certains sont dangereux, séducteurs, persécuteurs ou simplement indifférents. Les positions anales, avec les thèmes de conservation à des fins de fétichisation ou d’attaque, ou encore les thèmes de séparation de ce qui a été produit sont là particulièrement activées.
<p><i>La casse matérielle ou logicielle.</i>
<p>L’ordinateur, ou les logiciels qui y sont installés, n’est pas un objet totalement fiable. Il peut tomber en panne, se mettre à fonctionner de façon erratique, des programmes ne plus être accessibles, l’environnement auquel on était habitué (paramètres d’affichage, papier peint etc) peut être modifié etc. La colère, voire la haine qui est éprouvée à ce moment face à une machine qui, par les projections, semble s’animer et tomber en panne toujours au plus mauvais moment donne une idée des processus qui sont en jeu dans la relation avec un ordinateur. Celui-ci donne un cadre permettant la communication avec autrui, et c’est la faillite de ce cadre qui provoque le sentiment de catastrophe.
<p>On remarquera que dans les dix caractéristiques données par SULER, la réduction des sensations et l’altération des perceptions se chevauchent quelque peu et peuvent être ramenées sans peine au rapport de soi avec autrui ou la réalité que l’on peut nommer les frontières du Moi
<p>La principale critique que l’on peut adresser au travail de SULER, c’est qu’il ne distingue pas Internet des idéologies qu’il produit et véhicule. Par exemple si, dans l’absolu, les contacts sont multipliables, dans la pratique, chaque individu correspond avec un nombre très limité de personnes. Il en est de même en ce qui concerne l’égalitarisme : si chacun peut prendre la parole, certains sont plus lus – parce que plus séduisants, pertinents, excitant etc. que d’autres. Il y a donc d’un coté l’idéologie, qui suit grosso modo des fantasmes de toute puissance, et de l’autre la réalité dont les frontières sont données par les limitations de chaque individu : limitations en termes de temps de connexion, d’investissement, de capacité à aimer et à haïr. Il serait intéressant de cerner de plus près comment s’interfacent cette idéologie, les individus ou les groupes d’individus, et le cyberspace.
<p>Ces différentes caractéristiques induisent de la part de chaque internaute un travail pour maintenir son intégrité : sans la butée du corps de l’autre, avec ses contact multiples, avec la labilité des identifications qu’il offre, avec ce cadre qui parait sans fond quant au temps ou à l’espace, le cyberspace offre de nombreuses occasion de confusion ou de pertes de limites. Il offre aussi des possibilités de délégation et de dérivation : la conservation des échanges qui permet le dépôt en est une illustration. La possibilité pour chacun de retourner dans l’anonymat et l’indifférenciation afin de s’y restaurer en est une autre.
<p>L’une et l’autre sont liés, en ce sens que la figure de l’individu émerge toujours d’un fond d’indifférencié. Dans le cyberspace comme ailleurs, à chaque fois qu’un individu veut s’exprimer en son nom propre – quand bien même ce nom serait un pseudonyme – il le fait en prenant appui sur ce fond d’indifférencié que constituent tous les autres même que lui. L’égalitarisme aide d’ailleurs à constituer ce fond commun, à partir duquel les individus vont pouvoir émerger. Ce qui est ainsi déposé a valeur de décharge : l’individu se débarrasse de ce qui l’encombre. Il peut aussi d’agir d’un dépôt comme attente de réalisation ou mise à l’abri <a href="#_ftn5_7504" name="_ftnref5_7504">[5]</a> (KAES, 2000). Le dépôt peut-être aussi une sorte de placement ; le déposant attendant que son dépôt fasse l’objet d’un travail d’interprétation de la part des autres et lui soit restitué sous une forme qu’il pourra lui-même mieux intégrer. Cette mise en jeu, qui peut être plus ou moins consciente, a un aspect libidinal, agressif ou narcissique, et comporte toujours un risque pour le sujet.
<p>Ce qui se dessine, ce sont les contours d’une psychologie des groupes. On en arrive à ceci : un internaute seul, cela n’existe pas. L’internaute se comporte devant Internet comme l’individu devant le groupe ; il y éprouve les mêmes craintes, les mêmes attentes vis-à-vis d’un environnement perçu comme soutien ou danger. Les perceptions qu’il a de lui et des autres sont médiatisées par les caractéristiques réelles de l’environnement dans lequel il évolue. Elles conduisent l’internaute à deux impératifs. <b>1</b>. Le maintien de son intégrité, attaquée par l’absence des repères sensoriels habituels, l’absence du corps de l’autre, la multiplication des contact et les possibilités de changement d’identité. <b>2</b>. L’émergence, comme sujet unique, mais également en lien avec d’autres, d’un fond syncrétique et indifférencié<br />
<hr align="left" width="33%" size="1">
<p><a href="#_ftnref1_7504" name="_ftn1_7504">[1]</a> Michel Foucault, Dits et écrits 1984 ,&nbsp;&raquo; Des espaces autres &nbsp;&raquo; (conférence au Cercle d&#8217;études architecturales, 14 mars 1967), Architecture, Mouvement, Continuité, n &nbsp;&raquo; 5, octobre 1984, pp. 46-49.
<p><a href="#_ftnref2_7504" name="_ftn2_7504">[2]</a> SULER, J. (2002). The basic psychological features of cyberspace. In <u>The Psychology of Cyberspace</u>, www.rider.edu/SULER/psycyber/basicfeat.html (article orig. pub. 1996)
<p><a href="#_ftnref3_7504" name="_ftn3_7504">[3]</a> Les <i>spams</i> sont des courriers non sollicités, généralement des propositions commerciales. Le nom viendrait des rations militaires, que les recrues reçoivent, qu’elles le souhaitent ou non et dont le goût est peu apprécié.
<p><a href="#_ftnref4_7504" name="_ftn4_7504">[4]</a> Ainsi, deux individus du même groupe, avec des règles de filtrage différentes, peuvent être face à un paysage différent.
<p><a href="#_ftnref5_7504" name="_ftn5_7504">[5]</a> Certains sites qui proposent de l’espace disque aux internautes réalisent explicitement cette fonction. Chaque internaute peut y déposer ses fichiers pour les mettre à l’abris des pannes de son matériel personnel et, s’il le souhaite, les partager avec d’autres.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.web-perlaboration.net/blog/le-cyberspace-un-espace-psychique/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

