Ce que l’on appelle cyberspace est un espace particulier. C’est un espace autre, hétérotopique au sens où l’entendait M. FOUCAULT, c’est-à-dire un espace qui a « la curieuse propriété d’être en rapport avec tous les autres emplacements, mais sur un mode tel qu’ils suspendent, neutralisent ou inversent l’ensemble des rapports qui se trouvent, par eux, désignés, reflétés ou réfléchis »[1]
Du point de vue de l’individu, cet espace a des caractéristiques particulières, décrites pour la première fois par John SULER [2], Depuis 1996 ce psychologue américain s’intéresse à la perception et à l’investissement des personnes du cyberspace. Ses articles couvrent à peu près tous les domaines du cyberspace mais il s’est intéressé plus particulièrement aux bavardoirs graphiques et à leur aspect communautaire. Ses articles peuvent être déroutants par leur coté touche à tout tant du point de vue des référents théoriques que de leur objet. Mais il l a donné deux articles remarquables. Dans l’un, il compare le cyberspace à l’espace du rêve. Le second : « Les caractéristiques basiques du cyberspace », est celui qui nous intéresse ici. Pour SULER, « ces caractéristiques déterminent comment les personnes se conduisent dans ce nouvel environnement social » même si « La façon dont une personne se conduit dans le cyberspace sera toujours une interaction complexe entre ces caractéristiques et celles de la personne »
Les éléments caractéristiques du cyberspace sont : la réduction des sensations, la textualité, la souplesse des identités, l’altération des perceptions, l’égalitarisme, l’espace transcendé, l’extensibilité temporelle, la multiplicité des contacts, la conservation des échanges, et la casse matérielle ou logicielle. Je les reprends en leur adjoignant un point de vue psychanalytique.
La réduction des sensations.
Sur Internet, les canaux sensoriels avec lesquels on capte habituellement l’autre, la vue et l’ouie, font défaut. Quand bien même la visioconférence se développerait, il ne s’agirait encore que d’images qui échoueraient à transmettre cette présence particulière – ou son absence – qu’on certains individus. Enfin, l’absence réelle des corps rend impossible le toucher, tendre ou agressif, et modifie à la fois l’interaction et la fantasmatisation sous-jacente.
La disparition de l’autre comme image et comme voix a pour conséquence une confusion, plus ou moins importante, mais toujours présente entre l’autre et soi, ou entre différents autres. Si cette confusion menace, ce n’est pas seulement parce que l’autre, dans sa corporéité, est absent. La conscience de soi est modifiée en ceci que tous les investissements périphériques semblent être supprimés. Ne subsistent que ceux nécessaires à l’activité : le regard, fixé sur l’écran, et les mains, pour la frappe au clavier. L’environnement, au-delà de l’écran, s’estompe. Le Moi dispose ainsi d’une grande quantité d’énergie qui viennent sur-investir les pensées conscientes et pré-conscientes, leur donnant un poids et une saveur qu’ils n’ont pas habituellement.
Les psychanalystes d’enfants connaissent une situation similaire : celle ou l’enfant dessine, généralement immobile et silencieux. On trouve le même circuit pulsionnel que donne A. ANZIEU à propos du dessin : «(…) le maintien par la main de l’instrument du dessin, participe au plaisir de porter une marque des ressentis émotionnels. Le regard contrôle le mouvement, comme un précurseur du sur-moi qui va, par la suite, veiller sur la production anale et ses ressentis organiques et affectifs. L’œil, dans le processus du dessin, est le représentant des contrôles moïques de l’expression pulsionnelle liée au plaisir. En même temps, il participe du contrôle sur-moïque lié à la possession de l’objet interne et à la maîtrise exercée sur lui. » Annie ANZIEU, in Le travail du dessin en psychothérapie de l’enfant
Il y a cependant trois différences majeures. La première est que l’internaute n’est pas aussi libre de sa créativité que l’enfant. Les formes qu’il produit sont pré-déterminées par le logiciel qu’il utilise et/ou les codes et signes qui lui ont été transmis. La seconde est que le mouvement de la main n’a plus qu’un très lointain rapport avec ce qui apparaît sur l’écran. La troisième, qui me semble être la plus importante, est la dissociation entre la main et l’œil. En effet, pour être un bon joueur, ou un bon dactylographe, il ne faut pas regarder ses mains, mais l’écran. C’est-à-dire que contrairement à ce qui se passe dans le dessin, le lieu de production et le produit sont distant l’un de l’autre. Cette délocalisation conduit à cette situation étrange que le contrôle moique et sur-moïque de l’œil dont parle A.ANZIEU s’exerce loin des lieux de production du plaisir.
Le reflux des investissements périphériques se fait au détriment de la saisie de la réalité et à l’avantage de la réalité psychique. C’est ce qui fait peser cette menace de confusion : perte de limites avec le monde extérieur, confusion du Moi avec ses objets internes, ou des différents objets internes, et ce d’autant plus que l’autre se prête assez complaisamment a toutes les projections. Contre cette menace de confusion s’établit un travail d’identification – qui dit quoi,et à qui – et de différenciation pour permettre à l’autre d’exister et de ne pas être seulement un reflet des projections
La textualité. La plus grande part des échanges sur Internet se fait via l’écrit. Il s’agit d’une sorte d’oralité écrite avec des inventions typographiques pour évoquer des émotions ou des mimiques faciales ou gestuelles. L’inventivité de quelques uns, la transmission réussie de ce qui a été ainsi fait au plus grand nombre a ainsi permis de réintroduire l’image du corps dans un environnement où cela était pourtant difficile. Le cyberspace opère une sorte de renversement en éclipsant ce qui était visible (les corps) et en donnant à voir ce qui était subtil (les échanges)
La souplesse des identités [labilité des identifications]. Sur Internet, chacun est libre de prendre l’identité qu’il souhaite et même autant d’identités qu’il souhaite ou qu’il peut en multipliant les pseudonymes. Dans la pratique, les internautes n’utilisent en général qu’une seule identité à la fois – la gestion de plusieurs pseudonymes dans le même lieu est un art extrêmement difficile. Cette caractéristique du cyberspace permet à chacun d’explorer des fantasmes narcissiques : être à soi-même son propre parent, ou bisexuels : être de l’autre sexe. Cela peut aussi être dire du point de vue d’un Autre ou encore mettre en jeu le fantasme de ne compter pour rien dans les échanges en ne participant plus à la vie du groupe ou encore, dans les chats graphiques, en se faisant représenter par un point ou un espace et en le masquant derrière un autre avatar. Dans ce dernier cas, on a parfois de belles illustrations cliniques qui vont du fantôme à de l’identification projective : la personne invisible prête alors ses mots à un autre avatar
Cette souplesse des identités, au sens où elle serait infinie, est un des fantasmes d’Internet, car en dernière analyse, le choix des identités que peut faire chacun est déterminé par sa dynamique inconsciente. C’est cette même dynamique inconsciente qui donne à chaque personnalité le style qui lui est propre, et qui transparaît dans les échanges faisant que finalement, une personne qui endosse des identités différentes dans un groupe ne tardera pas à être reconnue par son phrasé, ses fautes d’orthographes, sa façon de citer…bref par ce qui fait qu’il est lui et pas un autre.
L’altération des perceptions. Le retrait de l’investissement de la réalité immédiate, le surinvestissement de l’espace interne crée un état particulier que l’on peut rapprocher du dessin ou du jeu avec cette différence que dans le cyberspace met en cause un clivage profond entre la main et l’œil sans doute parce que la communication est médiatisée par l’ordinateur. Il est une autre différence : la dissociation que l’on trouve dans tous les environnements du cyberspace. Ce qu’un enfant de 4 ans illustrait joliment par « Quand je joue aux legos, je suis le roi, je suis Aragorn. Quand je joue à Praetorians, je suis partout »
SULER fait à ce niveau une comparaison entre l’espace de certains bavardoirs graphiques et l’espace du rêve car dans l’un comme dans l’autre les lois de la physique et de la logique sont abolies.
L’égalitarisme. L’égalitarisme est un des plus vieux aspects de l’Internet. Il est particulièrement mis en valeur dans les environnement WiKi où tout internaute peut écrire et effacer ce qu’il veut. Une encyclopédie en ligne, Wikipedia , est en cours d’élaboration en se basant sur cette simple règle. Certains ont même pu évoquer une « démocratie du net » en partant du fait que chacun était libre et pouvait exprimer ses idées. En fait, il en va sur Internet comme ailleurs : tous égaux, mais quelques uns un peu plus que d’autres. Et la différence se fait en fonction des compétences réelles et/ou supposées de chaque individu. Cette caractéristique marque bien l’aspect groupal d’Internet
Dans la plupart des cas, tout le monde sur Internet a la même chance de se faire entendre. Tout le monde, indépendamment du statut, de la richesse, de la race, du sexe etc. commence sur le même pied d’égalité. Certains appellent cela la « net démocratie ». Même si le statut d’un individu à l’extérieur du cyberspace a toujours un impact dans sa vie du cyberspace, il y a quelque vérité dans cet idéal de la net démocratie. Ce qui détermine votre influence sur les autres est votre compétence dans la communication (y compris les compétences à écrire), votre persévérance, la qualité de vos idées, et parfois vos connaissances techniques.
L’espace transcendé. Sur Internet, « loin » ne signifie rien. Le temps mis pour joindre des personnes ou des sites est peu significatif : ils sont accessibles, ou non. On peut aisément échanger avec des personnes qui se trouvent sur un autre continent… ou sur le pallier voisin. Dans un cas comme dans l’autre, cela ne fera pas de différence. L’espace, sur Internet, est des plus particulier : tout se passe comme si chaque point ou chaque individu était au voisinage immédiat des autres ; on peut passer de l’un à l’autre d’un clic de souris pour peu que l’on connaisse son adresse. Cela n’est pas sans faire penser à certains contes de fées ou à certains aspects de la pensée primitive : il suffit de connaître le nom d’un site pour le faire surgir sur son écran. Il suffit de posséder l’adresse e-mail de quelqu’un pour se transporter jusqu’à son ordinateur. Ces facilités ont conduit à l’édification de barrières de protection (pare-feu) et de fonctions de filtrages, qui équipent tous les programmes. La menace, pour l’utilisateur, est d’être submergé par de trop nombreux messages et, finalement, de manquer l’information pertinente. Il en est une autre : tous les contacts ne sont pas bienveillants : virus et « spams » et importuns [3] hantent les boites à lettres et les espaces de discussion. Le filtrage peut toucher concernant un type de message, un site, où un individu.[4] On a donc d’un coté Internet : un espace immense, contenant un nombre perçu comme infini d’objets, et de l’autre l’espace psychique de l’utilisateur vécu comme menacé d’être submergé par cet espacé ou perdu dans cet espace
L’extensibilité temporelle. Le temps connaît les mêmes distorsions que l’espace. Sur Internet, la rapidité de la transmission contraste avec la longueur que peut prendre les échanges. La discussion est englobée dans une enveloppe temporelle à la fois commune à tous ceux qui participent à la discussion et indépendante des coordonnées temporelles individuelles. Il y a un tempo spécifique à chacun sur Internet : certains répondent immédiatement aux messages qui leur sont adressés, d’autres mettent un temps plus ou moins long, tous prennent en compte ces variabilités individuelles. Ce qui peut varier, c’est le temps mis à répondre. Même dans les environnements où les individus sont présents en même temps (bavardoirs, messageries instantanées) la tolérance est grande vis-à-vis de ces temps morts.
Cette tolérance a pour principale fonction de protéger les internautes de la fantasmatisation teintée d’angoisse ou d’agressivité qui ne manque pas de se produire face au silence de l’autre. Pourquoi ne répond t il pas ? Ne suis-je pas aimable ? Que fait-il ? Ce sont ces temps morts qui font exister l’autre comme Autre, pouvant être appelé ailleurs, avoir d’autres préoccupations, désirs ou intérêts.
Dans le cyberspace, le temps a la curieuse propriété de pouvoir à la fois être grandement comprimé – ce sont les messageries instantanées, ou les bavardoirs, où il l’on répond du tac au tac – ou dilaté – ce sont principalement les pages web, ou il se distend dans jusqu’à effacer sa propre origine.
La multiplicité des contacts. Internet permet de multiplier contacts sociaux avec une remarquable facilité. Pour donner un ordre de grandeur, une liste de diffusion atteint facilement une cinquantaine d’individus et en un moins d’Internet, on peut facilement rencontrer un plus grand nombre de personnes que durant une vie entière. Si les contacts sont facilités, les ruptures le sont tout autant. Le membre d’un groupe peut « disparaître » (c’est-à-dire ne plus poster de messages) du jour au lendemain sans aucune explications. La multiplication des contacts sociaux signifie la multiplication des investissements objectaux ce qui apporte pour chaque individu une surcharge de travail psychique. L’investissement de nouveaux objets, leur identification et leur différenciation, leur attribution de qualités en termes de « bon » ou « mauvais » ou plus secondarisés, n’est pas sans provoquer quelques réaménagements dans l’économie psychique de chacun. Ces autres multiples, en fonction des zones de fragilité des sujets, provoquent diffraction de l’image de soi, excitation, ou hémorragie narcissique.
La conservation des échanges. Sur Internet, les échanges sont des échanges de fichiers, ce qui fait qu’ils peuvent être conservés tels quels. Le terme utilisé est celui de « sauvegarde » ce qui souligne le risque de naufrage dans l’oubli de toute discussion. Les sites ou les personnes peuvent donc garder une mémoire précise de ce qui a été échangé. Internet assure là sa fonction principale qui est celle de dépôt et de conservation. Dans ce monde électronique, le temps n’a aucune prise sur ce qui a été déposé. Si ces dépôts ne subissent ni érosion, ni dégradation – sinon ils ne sont plus lisibles – l’utilisation qui peut en être faite varie. Ils permettent de revenir après-coup sur les échanges qui se sont produits, pour clarifier quiproquos et ambiguïtés. Ils peuvent également être adressé à un tiers, comme témoin ou complice – l’autre n’est pas, alors, au fait de cette transmission. Tous les internautes ne conservent pas tous leurs échanges – certains le font – mais que cela soit possible laisse très incertain le fait que quoi que ce soit puisse tomber dans l’oubli. Internet accueille et conserve tout de manière égale, ouvrant l’illusion que la trace de l’échange est l’échange. Du coté de l’internaute, cette caractéristiques est riche de gratifications narcissiques : tout ce qu’il produit est digne de valeur puisque conservé mais peut rapidement virer aux angoisses paranoïdes : tout ce qu’il produit peut lui être retourné avec de mauvaises intensions. Le cyberspace est vécu comme le lieu où la rencontre l’objet idéal (par exemple, exactement l’information qui était recherchée) est possible mais gênée par la pléthore d’objets dont certains sont dangereux, séducteurs, persécuteurs ou simplement indifférents. Les positions anales, avec les thèmes de conservation à des fins de fétichisation ou d’attaque, ou encore les thèmes de séparation de ce qui a été produit sont là particulièrement activées.
La casse matérielle ou logicielle.
L’ordinateur, ou les logiciels qui y sont installés, n’est pas un objet totalement fiable. Il peut tomber en panne, se mettre à fonctionner de façon erratique, des programmes ne plus être accessibles, l’environnement auquel on était habitué (paramètres d’affichage, papier peint etc) peut être modifié etc. La colère, voire la haine qui est éprouvée à ce moment face à une machine qui, par les projections, semble s’animer et tomber en panne toujours au plus mauvais moment donne une idée des processus qui sont en jeu dans la relation avec un ordinateur. Celui-ci donne un cadre permettant la communication avec autrui, et c’est la faillite de ce cadre qui provoque le sentiment de catastrophe.
On remarquera que dans les dix caractéristiques données par SULER, la réduction des sensations et l’altération des perceptions se chevauchent quelque peu et peuvent être ramenées sans peine au rapport de soi avec autrui ou la réalité que l’on peut nommer les frontières du Moi
La principale critique que l’on peut adresser au travail de SULER, c’est qu’il ne distingue pas Internet des idéologies qu’il produit et véhicule. Par exemple si, dans l’absolu, les contacts sont multipliables, dans la pratique, chaque individu correspond avec un nombre très limité de personnes. Il en est de même en ce qui concerne l’égalitarisme : si chacun peut prendre la parole, certains sont plus lus – parce que plus séduisants, pertinents, excitant etc. que d’autres. Il y a donc d’un coté l’idéologie, qui suit grosso modo des fantasmes de toute puissance, et de l’autre la réalité dont les frontières sont données par les limitations de chaque individu : limitations en termes de temps de connexion, d’investissement, de capacité à aimer et à haïr. Il serait intéressant de cerner de plus près comment s’interfacent cette idéologie, les individus ou les groupes d’individus, et le cyberspace.
Ces différentes caractéristiques induisent de la part de chaque internaute un travail pour maintenir son intégrité : sans la butée du corps de l’autre, avec ses contact multiples, avec la labilité des identifications qu’il offre, avec ce cadre qui parait sans fond quant au temps ou à l’espace, le cyberspace offre de nombreuses occasion de confusion ou de pertes de limites. Il offre aussi des possibilités de délégation et de dérivation : la conservation des échanges qui permet le dépôt en est une illustration. La possibilité pour chacun de retourner dans l’anonymat et l’indifférenciation afin de s’y restaurer en est une autre.
L’une et l’autre sont liés, en ce sens que la figure de l’individu émerge toujours d’un fond d’indifférencié. Dans le cyberspace comme ailleurs, à chaque fois qu’un individu veut s’exprimer en son nom propre – quand bien même ce nom serait un pseudonyme – il le fait en prenant appui sur ce fond d’indifférencié que constituent tous les autres même que lui. L’égalitarisme aide d’ailleurs à constituer ce fond commun, à partir duquel les individus vont pouvoir émerger. Ce qui est ainsi déposé a valeur de décharge : l’individu se débarrasse de ce qui l’encombre. Il peut aussi d’agir d’un dépôt comme attente de réalisation ou mise à l’abri [5] (KAES, 2000). Le dépôt peut-être aussi une sorte de placement ; le déposant attendant que son dépôt fasse l’objet d’un travail d’interprétation de la part des autres et lui soit restitué sous une forme qu’il pourra lui-même mieux intégrer. Cette mise en jeu, qui peut être plus ou moins consciente, a un aspect libidinal, agressif ou narcissique, et comporte toujours un risque pour le sujet.
Ce qui se dessine, ce sont les contours d’une psychologie des groupes. On en arrive à ceci : un internaute seul, cela n’existe pas. L’internaute se comporte devant Internet comme l’individu devant le groupe ; il y éprouve les mêmes craintes, les mêmes attentes vis-à-vis d’un environnement perçu comme soutien ou danger. Les perceptions qu’il a de lui et des autres sont médiatisées par les caractéristiques réelles de l’environnement dans lequel il évolue. Elles conduisent l’internaute à deux impératifs. 1. Le maintien de son intégrité, attaquée par l’absence des repères sensoriels habituels, l’absence du corps de l’autre, la multiplication des contact et les possibilités de changement d’identité. 2. L’émergence, comme sujet unique, mais également en lien avec d’autres, d’un fond syncrétique et indifférencié
[1] Michel Foucault, Dits et écrits 1984 ,” Des espaces autres ” (conférence au Cercle d’études architecturales, 14 mars 1967), Architecture, Mouvement, Continuité, n ” 5, octobre 1984, pp. 46-49.
[2] SULER, J. (2002). The basic psychological features of cyberspace. In The Psychology of Cyberspace, www.rider.edu/SULER/psycyber/basicfeat.html (article orig. pub. 1996)
[3] Les spams sont des courriers non sollicités, généralement des propositions commerciales. Le nom viendrait des rations militaires, que les recrues reçoivent, qu’elles le souhaitent ou non et dont le goût est peu apprécié.
[4] Ainsi, deux individus du même groupe, avec des règles de filtrage différentes, peuvent être face à un paysage différent.
[5] Certains sites qui proposent de l’espace disque aux internautes réalisent explicitement cette fonction. Chaque internaute peut y déposer ses fichiers pour les mettre à l’abris des pannes de son matériel personnel et, s’il le souhaite, les partager avec d’autres.
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