Échanges

mai

 

Novembre 2003

1. Il s’agit d’un groupe de travail psychanalytique :

Nous devons indiquer clairement les recherches cliniques à faire par nous.

L'aspect clinique avec les adolescents (qui pratiquent abondamment ces NTIC) est peut-être à mettre en valeur.

2. Les thèmes de la rencontre et du savoir

Sur la rencontre : Ces " rencontres " ne rencontrent pas que l’inconnu et d’autre part, l’inconnu comme " absent " et " pourtant présent " intéresse l’analyste…

Sur le savoir : Ce n’est pas un corps social qui fait " référent " (ou du moins, il ne fait pas à lui seul toute la référence), c’est l’organisation du savoir lui-même, tissée et tissable dans l’hypertexte. Les recherches actuelles pour tisser la toile plus directement à partir des concepts organisés (et non plus seulement des notions..) prouvent cette orientation, et ce n’est pas pour rien si c’est la biologie qui a le plus avancé l’organisation de ses concepts pour ce projet (Ontology Web Language).

En un sens, les référents sont à la disposition de tout le monde et peuvent (au moins idéalement) fonctionner pour tout le monde : c’est l’orientation profondément démocratique de l’Internet.

Bien sûr, les différents " corps organisés " ont fonction de rendre les " référents accessibles ", ce serait la tâche de l’école par exemple.

De ce fait se pose pour les psychanalystes comme pour tous les savants, la question des modalités de la mise sur l'Internet des concepts fondamentaux et de leurs articulations aussi bien théoriques que cliniques... Et comme tout cela a commencé dans la spontanéité et la liberté des uns et des autres et continue sur sa lancée, il nous faut nous demander (pour ceux des concepts ou idées qui nous intéressent le plus ou pour lesquels nous nous sentons avoir une responsabilité quant à leur diffusion) s’ils sont bien représentés actuellement et s’ils fonctionnent en liens suffisants avec tout le reste.

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C’est toujours une question bien importante, de savoir s’il existe des formes cliniques nouvelles qui nécessiteraient une nouvelle conceptualisation métapsychologique.

Depuis Freud, cela s’est passé à plusieurs reprises, notamment dans le champ de la psychanalyse d’enfants, de l’abord des psychoses, des états limites et plus récemment dans la clinique de l’inhumain développée par N. Zaltzman. (Lorsqu’une civilisation s’effondre et que l’homme cesse d’être homme pour lui-même et pour l’autre).

La question posée relève de cela : aujourd’hui, nous serions confrontés à un type de communication n’ayant jamais existé auparavant dont l’expression constituerait une clinique nouvelle. L’appréhender avec les outils métapsychologiques classiques, en traitant cette expression comme tout autre matériel manifeste, viendrait réduire l’essence même de ces nouveaux phénomènes en étouffant leur spécificité et leur créativité potentielle. Nous passerions alors à côté d’une révolution.

Il est toujours difficile d’apprécier la force d’une révolution qui se déroule sous nos yeux, alors même que nous n’avons pas encore le recul pour la penser. Les notions d’après-coup, de lenteur (magie lente), de décalage (autre scène) sont inhérentes à la pratique psychanalytique et les effets d’immédiateté des NTIC ne peuvent qu’entretenir nos résistances et leurs effets contre-transferentiels. Ce décalage nécessaire qui nous permet de penser, nous coupe en même temps d’une certaine contemporanéité (en cela nous sommes des dinosaures, c’est-à-dire d’un autre temps).

Alors comment écouter nos patients ? L' "attention également flottante " que nous réservons à leurs propos l’est-elle réellement ? Comment n’entend-on pas certaines choses ? Que se passe-t-il lorsqu’ils perçoivent de notre part un intérêt plus particulier à telle ou telle expression (en termes de potentielle aliénation) ?

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