Échanges

mai

Avril 2004
 
À propos de la place du paradoxe sur le Web (à ajouter éventuellement dans l'argument) je vous propose : “La notion de paradoxe semblerait au coeur de ces technologies : paradoxe qui pourrait s'énoncer comme du “trouvé/créé” mais surtout comme : ouvrant un espace où peuvent coexister des mouvements paradoxaux qui s'étayent les uns sur les autres, comme s'étayent de façon paradoxale, pulsions de vie et de mort, liaison et déliaison.”

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Je ne suis pas d'accord avec la première partie : “ la notion de paradoxe semblerait au cœur de ces technologies ” ; simplement parce que ce n'est pas la technologie en elle-même qui est paradoxale.

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Oui, “technologies”, ça ne va pas, on pourrait remplacer par “ces nouvelles formes de communication ”.

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Ça pourrait donner : ces nouvelles formes de communication semblent produire toutes sortes de paradoxes - ici la suite de ton texte - en bref, il ne faudrait pas que "Le Paradoxe" devienne une sorte de concept à tout faire dans le cyberspace.

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Sur ton  § à propos des paradoxes, est-ce que tu penses par exemple que l'accumulation de liens (liens cliquables) entraîne une perte, une dilution des liens de pensée ?

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En ce qui concerne ta question sur les liens, il me semble que leur accumulation peut avoir des effets contradictoires : soit un effet d'ouverture et d'enrichissement, soit un effet de dilution comme tu le suggères. Ça pourrait être comme les associations libres qui permettent : soit un approfondissement, soit peuvent aussi fonctionner de façon défensive, par exemple sur un mode maniaque.
On retrouve toujours cette question: pourquoi, avec un même “objet”, on peut aller dans des sens contraires ?
Je suis en train de lire “De la guérison psychanalytique” de N.Zaltzman et ce qu'elle dit de la pulsion de mort qui peut se mettre au service de la vie ou de la destruction, rejoint peut être cela.

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Je suis tout à fait d'accord avec ce que tu dis du mode maniaque dans les associations libres. Par rapport à Internet ça ouvre peut-être des voies de travail, sur la façon dont on peut l'utiliser.

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Une nouvelle proposition : ces nouvelles formes de communication semblent ouvrir un espace transitionnel où peuvent coexister des mouvements paradoxaux qui s'étayent les uns sur les autres, comme s'étayent de façon paradoxale pulsions de vie et mort, liaisons et déliaisons.

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“Ces nouvelles formes de communication semblent ouvrir un espace transitionnel où s’étayent et coexistent des mouvements paradoxaux comme le font pulsions de vie et pulsions de mort, liaisons et déliaisons ”. C’est comme tu veux.
Quant à l’insertion, pour ma part, je pense à l'antépénultième position : entre le paragraphe qui se termine par “... créativité potentielle.” Et celui qui commence par “L’aspect continu...”.

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Je préfère ta nouvelle proposition car elle introduit la notion d'espace transitionnel qui me paraît essentielle. À mettre dans l'argument à côté de celle de “paradoxe”.

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Plusieurs d’entre vous semblent d'accord avec  cette formulation.Pour ma part, je ne pense pas du tout que “les nouvelles formes de communication” puissent ouvrir “un espace transitionnel”. Pour moi, un espace transitionnel ne peut être ouvert que par une “activité –sujet”.Je ne suis pas d’accord non plus avec “un” espace transitionnel : toutes sortes d'espaces transitionnels peuvent êtres ouverts par ceux qui jouent avec les nouvelles technologies.Ils peuvent aller du playing aux “games” .

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Alors on pourrait dire “Ces nouvelles technologies ouvrent des espaces transitionnels...” comme un ouvre-boîte ouvre une boite de conserve ou plutôt comme le cheval de Troie ouvre une brèche qui ouvre sur l’inconnu, qui ouvre sur la fin de l’Iliade qui ouvre sur l’Odyssée...

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À partir du travail de Jean-Baptiste (cf. rubrique texte et note3).
- Sur les rapports entre virtuel, réalité, imaginaire et symbolique je m'y perds un peu..S.Faure Pragier parle du monde virtuel comme d'un “espace intermédiaire”. Est-ce comme “espace transitionnel”, entre réalité interne et réalité externe ou plutôt entre imaginaire et symbolique ?
- L'image numérique crée une image réelle d'un objet virtuel : ça m'évoque ce que dit Freud des représentations de choses - investissements sinon de traces mnésiques directes de la chose, du moins de traces mnésiques dérivées de celle-ci.
-Tu soulignes les deux positions par rapport à l'Image :
Soit mimésis, soit médiation et interprétation : est-ce que ces deux positions auraient à voir avec une double utilisation possible du virtuel : soit une position plus narcissique soit une plus élaborée, plus sublimée ?
- Sur l'antériorité de la pulsion : j'ai du mal à penser cette antériorité par rapport à l'objet. Je crois qu' A.Green dit quelque chose comme ça - c'est l'objet qui révèle la pulsion (et peut être la pulsion qui révèle l'objet)
Est-ce qu’on peut les penser en dehors de leur rencontre ? Ce terme de rencontre que l'on trouve souvent chez P.Aulagnier.
 

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